‹ La Commune a Lyon en 1870 et 1871Chapitre 53 sur 77 · EDMOND VALENTIN PRÉFET DU RHONE · texte numérisé non relu

EDMOND VALENTIN PRÉFET DU RHONE

Dès son arrivée, Valentin adressa aux Lyonnais une proclamation qui l'épondail aux sentiments de la grande majorité ; il y affirmait « sa volonté de maintenir Tordre et son inaltérable attachement à la République ». Les événemenis ne tardèrent pas à mettre à l'épreuve la sincérité de cette double affirmation.

Les élections du S ft'vrier, faites à la hâte, dans un pays envahi, sur la question principale de la paix ou de la guerre à outrance, en reléguant au second plan les programmes politiques, avaient envoyé à l'Assemblée nationale une majoritémonarciiiste, qui disposait desdeux tiers des sièges.

Dans le Rhône, comme dans la plupart des départements, on avait pensé que la seule question à débattre demandait avant tout le concours d'hommes honorables et éclairés, et on avait voté pour la paix sur les noms de citoyens également estimés, mais séparés par leurs opinions politiques.

La liste patronnée par les trois journaux conservateurs : le Salut Public, le Courrier de

Lyon et la Di'centraUsatlon^ avait passé tout entière dans Tordre suivant iDucarre, LeRoyer, Jules Favre, Bérenger,Trochu, Morel, Floltard, Glas, Lucien Mangini, Jean-Bapliste Perret, de Laprade, de Saint-Victor, de Morlemart.

En tête arrivaient, avec d'écrasantes majorités, des hommes dont les noms, sous l'Empire, effrayaient la bourgeoisie; comme ces oiseaux qui se perchent sur les épouvantails devenus familiers, les conservateurs avaient volé avec eusemble pour Jules Favre, pour Le Royer, pour Ducarre.

Après eux venaient en plus grand nombre des représentants de l'opinion libérale, indécis entre les séductions du centre droit et les appas du centre gauche ; trois légitimistes fermaient la marche, élus pour l'intégrité de leur vie et la fierté de leurs sentiments j)atriotiques.

Ainsi composée, la liste des journaux conservateursavait obtenu de 72.31 4 à 51.i74suff rage s.

Garibaldi, le plus favorisé de la liste radicale,

LES ÉLIXTIONS DU » lŒVIilER 209

échouait avec 48.000 voix ' ; le D' Crestin, conseiller municipal, en obtenait 48.000; puis venaient le maire Hénon avec 38.000, Raspail avec 37.000, l'adjoint Barodet avec 34.000.

Les représentants de la nation se réunissaient pour la première fois le 16 février dans la salle du théàlrc de Bordeaux, et le lendemain, ils nommaient M. Thiers chef du pouvoir exécutif de la République Française.

1. Garibaldi fut élu dans les Alpes-Maritimes, son pays natal, et dans trois autres départements, la Seine, la Côte-d'Or et rAl<îérie.

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