‹ La Commune a Lyon en 1870 et 1871Chapitre 57 sur 77 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

LE GÉNÉRAL CROUZAT A LA GARE DE PERRACHE LES OFFICIERS DE LA GARDE NATIONALE

J'allai d'abord me concerter avec le général Croiizat qui, depuis le 20 décembre, avait remplacé le général Bressoles dans le commandement de la S" division militaire.

Je le trouvai, dès l'aube du Jour, à la gare dePerrache, où, malgré l'insuffisance des forces dont il disposait, et dont une partie était nécessaire pour empêcher le pillage des forts, il avait concentré des troupes et de l'artillerie dans une forte position.

Sur son conseil, j'allai frapper à la porte de plusieurs chefs de bataillon de la garde nationale : je leur demandai leur concours pour reprendre rh(Mel de ville et délivrer le préfet.

Partout je reçus une réponse décourageante : les commandants n'osaient compter sur leurs hommes, soit que ceux-ci fussent sympathiques

à rinsurrection, soit qu'ils ne vonhissent pas, pour la réprimer, courir les risques d'une collision sanglante.

Les insurgés étaient bien armés ; ils s'étaient emparé du fort des Charpennes; ils y avaient trouvé de l'artillerie ayant appartenu à une légion dissoute d'Alsace-et-Lorraine. Ils avaient emmené les canons à l'hôtel de ville et les avaient disposés aux deux entrées, place des Terreaux et place de la Comédie. A côté des aiÎLits, s'élevaient des monticules de boulets symétriquement rangés.

J'appris bientôt que leur artillerie ne pouvait leur servir, les boulots n'étant pas du calibre des canons ; mais cet appareil meurtrier n'en intimidait pas moins les lionorables négociants, pour la plupart pères de famille, qui faisaient sans beaucoup d'enthousiasme leur service de gardes nationaux dons les bataillons des quartiers conservateurs.

(Juand je retournai à Perrache faire part au général CrouzaI de rinsuccès de mes premières démarches, les canons qu'il avait fait placer

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