‹ La Commune a Lyon en 1870 et 1871Chapitre 65 sur 77 · RÉPUBLIQUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

la. commune de paris aux département?

Citoyens, ,

L'heure de la Révolution définitive a sonné et chaque coup de canon qui se tire à Paris est un appel à la

1. Nous avons déjà constaté l'intervention de ce même Albert Leblanc, dans une réunion d'officiers de la garde nationale qui avaient préparé l'insurrection du 22 mars.

2")6 LA COMMUNE A LYON fîX 1870 ET 1871

grande revendication des peuples, au soulèvement dernier, nous l'espérons, de ceux qui souffrent contre ceux qui oppriment.

Linstant est solennel, il vous faut choisir.

Les ennemis de la Révolution ont posé la question eux-mèmos.

Avec eux. c'est la lléaction, c'est-à-dire le retour au passé, Texploilation du travail et de l'intelligence par le capital; la pensée comprimée et soumise à la férule du .lésuitisme ; vos tils enrégimentés malgré eux pour prêter main-forte à vos tyrans et à vos bourreaux ; c'est la misère pour vos familles; c'est la mort ou la déportation pour quiconque a osé ou osera lever la tête pour protester encore contre vos maîtres rentrés en possession de leur puissance et de leurs privilèges.

Avec nous c'est l'avènement de la Liberté, qui donne à chacun l'entière extension de toutes ses facultés, c'est l'Egalité qui assurera à tous des droits égaux, c'est la Fraternité qui unira l'humanité entière dans un effort commun d'où sortira le règne de la justice universelle.

Choisissez! il est temps encore.

Malgré leurs proclamations mensongères, nos ennemis tremblent dans Versailles. Levez-vous et ils tomberont, ne laissant derrière eux dans l'histoire que le souvenir de leurs assassinais et la trace lugrubre de leurs dévastations.

A votre poste, citoyens des départements ; nous sommes au nôtre, prêts à mourir pour vous et pour la

cause trois fois sainte, de la Raison, de la Justice et du Progrès universels.

Vive la République démocratique, sociale et universelle !

Signe : Félix Pyat, Vaillant, Delescluze, Cour- XET, Varlix, Tridon, Malon, Ranvier.

Pour copie conforme :

Signé : Ch. Dumont, A. Leblanc, Caulet de Tayac ',

Délégués de lu Commune de Paris.

La seconde affiche était ainsi conçue :

COMMUNE DE LYON Citoyens,

L'heure est venue ; la cité lyonnaise, la première qui, le 4 septembre ait revendiqué ses droits à la Commune, ne peut pas plus longtemps laisser égorger sa sœur, riiéroïque cité de Paris.

I^es traîtres de Versailles ont dépassé leur mandat; après avoir accepté pour la France, sans discussions, toutes les conditions faites par l'ennemi, ils veulent encore s'imposer à nous comme gouvernement constituant, servant d'échelon à une royauté.

L Caulet de Tayac avait été secrétaire de tiaoul Rigauit.

La population lyonnaise a voulu voir jusqu'où irait leur audace, mais sa patience est à bout, et elle ne peut soulirir plus longtemps (piune Assemblée l'aclieuse agite en France le drapeau de la guerre civile.

Les élections municipales étaient le dernier coup porté à la République; ce sera !e .«-iyiial de la chute de nos oppresseurs.

Eu conséquence :

Les révolutionnaires lyonnais, tous d'accord, se sont assemblés etont nommé une Commune provisoire, ayant les pouvoirs les plus étendus.

Cette Commune, sans se faire connaître, a préparé la Révolution qui s'accomplit aujourd'hui et restera dépositaire de tous les pouvoirs jusqu'à ce que, dans im bref délai, des élections logiques et opportunes soient faites.

La situation actuelle est dillicile, citoyens, et nous comptons sur votre concours énergique ; mais les membres qui composent la Commune provisoire sont résolus à employer tous les éléments de succès qui sont en leur pouvoir, et ils sont surtout résolus, plutôt que de se voir ravir la victoire, à ne faire qu'un monceau de ruines d'une ville assez lâche, pour laisser assassiner Paris et la République.

Vive la République démocratique, sociale et universelle.

La Commune provisoire

Signe' : Rivoike, Bekgerox, Brug.nol, G. Blanc, Bou- ItET, Tacl'ssel, Péléa, \ elay, Al'douard.

Ces noms étaient ceux d'hommes obscurs, mais par là même ne portaient pas ombrage aux farouches égalitaires, et inspiraient confiance aux ouvriers socialistes, comme paraissant être ceux de citoyens sortis du peuple et dévoues à la cause populaire.

Quant à la menace de destructions et de ruines, qui terminait leur séduisante proclamation, les incendies de Paris démontrèrent bientôt qu'elle n'était pas une vaine jactance!

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