‹ La Commune AnnamiteChapitre 19 sur 44 · ARE · texte numérisé non relu

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pointilleux à l’extrême, se froisse gravement pour ün rien et se met souvent de lui-même à la place qui lui convient si on a oublié de la lui donner; de son côté, un inférieur n’hésitera jamais à s’éffacer devant son supérieur. Aussi ne faut-il pas être surpris de voir que certaines de ces règles de préséance ont reçu une sanction royale ayant force de loi. Le conseil communal donne lieu à tout un cérémonial et chacun a sa place déterminée. En faisant abstraction des milles petits détails auxquels l’indigène attache une si grande importance, on peut dire que l'espace du « dinh » réservé à la réunion ést divisé en trois parties principales : au centre se trouvent tous les lettrés et les principaux mandarins, à gauche se tiennent les vieillards âgés d’au moins 70' ans — il ne faut pas oublier que la gauche est la place d'honneur dans ces pays —, et à droite sont groupés les petits fonctionnaires aïnsi que les autres contribuables. Lorsque tout lé monde est placé, vient alors la discussion des affaires qui ont décidé certains notables à réunir le conseil. En général la réunion ellemême est assez courte car les notables majeurs, y compris le maire, ont le rôle primordial et décident de toutes les affaires, les notables mineurs se bornent à acquiescer et à faire exécuter les décisions. Mais assez souvent le conseil communal est suivi d’un festin, pour lequel le même cérémonial est exigé si on en excepte toutefois les vieillards qui, dans cette dernière circonstance n’ont pas tous les honneurs et qui, parfois, ne sont même pas invités. C’est là d’ailleurs une coutume tendant à se perdre et que nous ne cherchons pas à encourager; trop souvent, en

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effet, ces festins se terminent par des jeux d'argent et c’est là l’occasion pour le premier notable de faire dépenser leur solde aux notables inférieurs, pour pouvoir mieux se les asservir ainsi que pour percevoir une taxe sur chaque tripot. L’ancienne législation annamite condamnait d’ailleurs déjà ces façons frauduleuses. « Si la population d’une commune se réunit au sujet de quelque affaire privée ou publique, dans cette réunion on peut seulement employer le bétel et l’arec comme objets de politesse et de cérémonie. On ne doit pas, sous prétexte de traiter des affaires de la commune, faire contribuer les gens du peuple et se réunir pour boire et manger; s’il est contrevenu à cette disposition le chef de la commune est puni de cinquante coups de rotin ».

LE Maire. — Le maire, appelé « xa truong » en Cochinchine et « ly truong » au Tonkin et en Annam, est un notable majeur bien qu’il soit chargé surtout de l’exécution des décisions du conseil. Le maire de la commune annamite ressemble encore moins au maire. français que la réunion des notables ressemble à notre conseil municipal. Ce qui le caractérise tout d’abord c’est qu’il est le seul représentant de la Commune accrédité près de l’administration, donc le seul notable dont la nomination soit soumise à l'agrément de l’administration centrale. Représentant de la commune et seul connu du Protectorat, fonctionnaire le plus actif de sa circonscription administrative et compétent en toute matière, le maire, est-on amené à croire doit être un pétsonnage influent devant lequel tous les autres otables s’inclinent respectueusement. Il est loin d’en

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