‹ La Commune AnnamiteChapitre 4 sur 44 · M PUS · texte numérisé non relu

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vices et nous étions parfois obligés de fermer les yeux. Alors même aujourd’hui que nous avons fortement rééduqué l’administration indigène et que nous avons ramené à nous les nouvelles générations, les fonctionnaires annamites ne sont peut-être pas encore ce qu'ils devraient être; mais nous ne pouvons nous en passer et ce n’est que progressivement que ce qui nous choque parfois aujourd’hui pourra disparaître définitivement demain, Nous reviendrons d’ailleurs plus longuement sur ce sujet lorsque nous aurons à parler des notables à propos de l’organisation de la commune.

Et justement, nous serions heureux, si grâce à cette modeste étude, qui n’a nullement l’ambition d’asseoir les bases nouvelles d’une colonisation féconde, nous amenions le jeune colonial à se familiariser avec la vie annamite, à ne pas se trouver dépaysé et à comprendre maints points qui jusque là paraissaient obscurs. Par là même, l’Administrateur représentant de la France en Indochine, ne sera pas amené à prendre des mesures qui, justes en ellesmêmes et prises pour améliorer le sort de l’indigène, n’en seraient pas moins fausses et rigoristes. Ces mesures iraient à l’encontre de leur but et froisseraient des susceptibilités, une colère sourde régnerait dans la commune, colère dont s’empareraient habilement nos ennemis pour essayer d’avilir notre œuvre colonisatrice si belle déjà. Chaque faute, si légère soit-elle, commise par un Blanc, rejaillit immédiatement sur la France; c’est un peu de prestige qui s’en va. Or, en Indochine, plus qu'ailleurs, la question du prestige est capitale; sans prestige de l’Européen au-

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cune supériorité possible de la race blanche sur la race jaune, donc pas de colonisation possible, tout se tient.

Si l'étude de la commune annamite présente un intérêt incontestable au point de vue de la politique française en Indochine, elle n’en présente pas un moindre au point de vue du droit public. Le village annamite, principalement avant l’occupation française, constituait un véritable Etat dans l'Etat, mais les chefs de cette petite puissance étaient et sont encore responsables vis-à-vis de l'Etat pour certaines matières et dans des mesures totalement inconnues de la civilisation européenne. La commune, comme nous pourrons nous en rendre compte lorsque nous étudierons son organisation administrative, offre un type tout à fait original : elle n’a de similitude avec la commune française que le nom. C’est ainsi que grâce à l’examen d’un coutumier, véritable code communal, nous verrons la municipalité annamite s’occuper de religion, de la vie privée des administrés en ce qui concerne leur mariage, leur vie conjugale,

s’occuper enfin de la responsabilité collective, notion

de responsabilité qui est le propre de l’Annamite et qui domine la vie de l’Annam. Mais nous verrons qu’il ne faut pas exagérer cette toute puissance de la commune, nous verrons qu’elle est limitée par certaines règles administratives et par certaines coutumes. C’est ainsi que la municipalité, si elle est un Etat dans l'Etat, subit cependant une atteinte grave du fait que son existence dépend, au moment de sa fondation, d’un acte du pouvoir central : l’autorisation de fondation accordée par l'Etat. C’est ainsi

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