‹ La commune et les œuvres complémentaires de l'écoleChapitre 30 sur 41 · UNIVERSITÉS POPULAIRES · texte numérisé non relu

UNIVERSITÉS POPULAIRES

à la caserne, d'accord avec Tatitorité militaire.

Ainsi aura pu se continuer le Patronage au régiment par les Foyers du soldat et les cours Renseignement professionnel : la République confie à l'armée la jeunesse élevée dans ses écoles, préparée a la vie dans les patronages et amicales ; l'armée pourra alors les lui rendre tels qu'elle les a reçus, avec, en plus, le sentiment des devoirs qu'ils auront appris sous les ordres de leurs chefs associés à l'œuvre d*éducation.

§ 17. — Universités populaires.

Pas plus qu'elle ne commence avec l'école, mais dès la naissance, l'éducation ne finit avec le régiment pour le jeune homme, avec l'établissement pour la jeune fille : elle se poursuit jusqu'à la mort.

La vie est une éducation perpétuelle ; de grands savants et de grands penseurs, comme Chevreul, Pasteur et Berthelot se sont considérés, toute leur vie, comme des étudiants.

Sans doute, leur éducation se continuait par leurs recherches, leurs observations, leurs expériences personnelles.

L'éducation du peuple ne peut se faire ainsi : l'ouvrier, le paysan n'ont pas reçu l'instruction première suffisante pour qu'ils puissent assurer euxmêmes le développement de leurs connaissances;

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le labeur quotidien pour le gain de l'existence ne leur laisse pas de temps matériel à consacrer à des observations, à des recherches, à des travaux individuels, ils n*ont pas à leur disposition les instruments, les laboratoires, souvent même les livres pour étudier et apprendre.

D*où la nécessité de leur donner accession SMk bibliothèques créées pour la jeunesse post-scolaire, de les appeler aux réunions et conférences qui ne doivent pas se limiter à Tadolescence.

Dans son plan d' éducation publique^ Condorcet prévoyait la tenue, chaque semaine au chef-lieu de la commune, de conférences publiques auxquelles assisteraient les citoyens de tous les âges et dans lesquelles o on développerait cette partie des lois nationales dont l'ignorance empêcherait un citoyen de connaître ses droits et de les exercer — on instruirait le peuple des lois nouvelles, des observations d'agriculture, des méthodes économiques qu'il lui importe de ne pas ignorer. — On pourrait lui montrer enfin l'art de s'instruire par soi-même ».

Mais les bibliothèques sont insuffisamment fréquentées, mais les ouvriers se rendent peu aux conférences, par manque d'habitude, par timidité, par crainte de se trouver dans un milieu qui ne serait pas le leur, par défiance trop souvent contre les organisateurs et conférenciers qu'ils croient animés de la pensée de leur montrer leur supériorité intellectuelle, et de songer plus aux intérêts de la classe bourgeoise qu'à ceux de la classe du travail.

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