UNIVERSITÉS POPULAIRES
C'est pour parer à ces difficultés que des hommes comme Georges Deherme, Gabriel Séaillcs, Anatole France, Maurice Bouchor, Charles Guieysse, ont résolu d'aller trouver l'ouvrier chez lui, dans ses réunions, à ses bourses du travail.
On ne se présenterait pas à lui comme des donneurs de leçons; mais; dans des causeries sur les sujets qui l'intéressent, dans des conférences sollicitées par lui, dans les réponses aux questions qu'il poserait, on l'amènerait à se donner à luimême des leçons. Ce serait une éducation mutuelle, un échange d'idées entre intellectuels et ouvriers d'où le nom de coopération des idéeSy réservé par Deherme à la première Université populaire.
Travailleurs de la pensée, travailleurs manuels collaboreraient comme des égaux volontaires dans une idée commune à a faire la société meilleure, plus juste et plus belle, en aidant les hommes à s'élever jusqu'à la vie humaine, en les rendant de plus en plus capables de s'affranchir, en les libérant de la servitude intérieure qui fonde toutes les autres ».
L'organisation d'une Université populaire doit tenir le plus grand compte de cette idée d'égalité : elle n'est pas fondée par des intellectuels pour des ouvriers; elle est fondée par le concert des uns et des autres en vue d'unir la pensée et le travail dans le but de a refaire un esprit public en substituant aux impressions aveugles de la foule, le jugement réfléchi du peupl.e ».