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que dans une même commune, elles ne s'ignorent pas les unes les autres : leur isolement ferait souvent leur stérilité, il les laisserait sans force, sans influence; elles risqueraient même de rester inconnues de ceux qui seraient le mieux disposés à les soutenir.
L'isolement entraîne aussi un manque de méthode et d'unité de vue dans toute l'action éducative : chaque société absorbe pour son but plus particulier des dévouements et des bonnes volontés qui ne peuvent se multiplier pour des œuvres leur apparaissant ainsi différentes : les concours financiers se lassent d'être sollicités de tous côtés, les ressources se répartissent et se dépensent sans une juste proportion relative à l'importance et à l'intérêt du rôle de chaque société.
Dès lors, s'il n'y a pas dans la commune un patronage qui guide l'œuvre d'ensemble, il sera indispensable d'établir un lien entre toutes les sociétés d'éducation populaire soit en les fédérant avec un comité central dans lequel chacune sera représentée, soit en établissant des réunions périodiques dans lesquelles les présidents de chaque société se tiendront mutuellement au courant de leur action respective, ce qui permettra souvent de prévenir des doubles emplois.
Dans ces réunions, apparaîtront les lacunes qui existent pour l'œuvre d'éducation populaire dans la commune et on étudiera les moyens pratiques de les combler, on constatera les concours que les
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sociétés peuvent se prêter les unes aux autres, on préparera l'organisation en commun des fêtes dont chacune isolément ne pourrait prendre Tinitiative ou auxquelles elle ne saurait donner l'importance qu'elles comportent. Le groupement aussi permettra d'obtenir des ressources pécuniaires, plus aisément que par l'action individuelle de chaque société. De la commune, cette fédération, ou cette entente, devra s'étendre au canton et au département comme union d'associations dans les mêmes termes de déclaration et avec les mêmes formalités que les associations elles-mêmes : un grand comité central — siégeant au chef -lieu, composé de délégués de toutes les sociétés d'éducation populaire du département, sous la forme de Cercle départemental de la Ligue française de V enseignement^ ou à^ Société départementale d'instruction et d^ éducation, ou de Fédération des sociétés scolaires et post-scolaires — établira un lien dont Futilité se fera sentir : il sera un centre de renseignements> de conseils, de propagande, il' publiera un bulletin commun, il se chargera du recrutement et dé renvoi de conférenciers, il facilitera les échanges de vues devant servir aux projections ou de livres appartenant aux bibliothèques circulantes, il veillera au placement des membres des amicales et patronages, à leur protection quand ils changent de résidence, et à leur accueil dans la société de la commune où ils se fixent. Le comité central assurera enfin l'organisation de congrès départementaux ou
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régionaux clans lesquels s'échangeront les idées sur Tœuvre générak, et se prépareront les questions qui pourront être débattues au congrès national annuel de la Ligue française de renseignement^ où chacun fera connaître les résultats qu'il a obtenus, les difficultés qu'il a rencontrées, les moyens qu'il a employés pour les vaincre : tous profiteront des expériences les uns des autres.
Ainsi ont fait et s'en sont bien trouvées, dans certaines grandes villes, des petites A qui se sont fédérées (comme à Lyon, Amiens, Toulouse, Saint- Etienne) ; des sociétés cT éducation populaire (comme à Lens et à Chaumont) qui, ainsi que nou^ l'avons vu, ont pu constituer, grâce à cet accord, des sociétés civiles pour l'acquisition et la construction de maisons de V adolescence; — dans les départements, des mutualités scolaires comme celles de l'Ardèche, de l'Eure-et-Loir et de la Haute- Vienne; des délégations cantonales comme en Seine-et-Oise et dans la Sommé.
§ 3. — Collaborateurs.
Nous avons, à l'occasion de chacune des œuvres, indiqué les ressources pécuniaires sur lesquelles elle peut compter, les procédés auxquels elle peut recourir pour les provoquer, les réunir et les accroître.
Mais si l'argent est nécessaire à leur action, bien plus indispensable encore est le concours de bonnes