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CRIMES

Notre intention ne saurait être de raconter les crimes de la Commune dont la funèbre liste se déroule depuis huit mois devant les conseils de guerre et dont l’empreinte, difficile à effacer de la ville, est ineffaçable de l’histoire. Nous voudrions, fidèles à la pensée de cette étude, rechercher dans le passé quelques-uns des précédents, et comme les ébauches de ces horribles forfaits. Nous voudrions que la recrudescence du mal, en même temps que ses origines lointaines, avertît la vieille médecine, qui ne connaît que la saignée, de son impuissance finale, et, puisqu’il lui faut décidément désespérer de guérir le crime, montrer qu’il serait peut-être temps que la raison de l’homme appelât en consultation son cœur.

Soyons un peu moins empiriques en thérapeutique, un peu plus en pathologie ; il ne s’agit pas de proclamer la Commune sans exemple, mais de la rendre sans imitateurs.

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On sait que la plupart des membres de la Commune se disaient partisans de l’abolition de la peine de mort, et que sous la Commune les bois de justice furent brûlés boulevard Voltaire, mais combien de fois a-t-on transformé en bois de « justice » les douze fusils d’un peloton. Vols, séquestrations, assassinats pendant le triomphe, et l’agonie venue, pillages, massacres, parfois même le poison dans les intervalles de la fusillade, l’incendie enfin : tout le décalogue du mal.

Dès le seuil de l’insurrection, dès le 18 Mars, les cadavres de l’ex-général Clément Thomas et du général Lecomte. Si le Comité central se déclara (1) « étranger à ces deux exécutions, » il présenta (2) les victimes comme « victimes de la justice populaire. » 11 annonçait cependant une enquête qui n’eut pas lieu ; pendant toute la durée de la Commune i 1 fut de bon ton de se dire, même contrairement à la vérité, acteur du drame de la butte Montmartre. Aussi bien la Commune avait-elle indirectement justifié les assassins en amnistiant, le 27 avril, Nourri, condamné aux travaux forcés comme un des auteurs de l’assassinat du général Bréa, et en décrétant la destruction de la chapelle élevée sur le lieu du crime. La barrière Fontainebleau est en effet le précédent le plus direct de la rue des Rosiers. Il y a une analogie non moins saisissante dans le meurtre du seigneur de Conflans, maréchal de Champagne, et de Robert de Clermont, maréchal de Normandie, par les amis de Marcel, en 1357. Abandonnés des leurs comme les deux généraux, les deux maréchaux, exposés dans

(1) 20 mars .

(2) 21 mars.

la cour du Palais, sur la table de marbre, furent, eux aussi, outragés dans la mort.

Les canons de Montmartre ne sont pas les premiers canons qui aient été braqués sur la loi. Sans doute la plupart de ceux qui s’attelèrent aux canons et les traînèrent à Montmartre, le firent dans le but de dérober aux Prussiens un dernier trophée et se crurent fidèles aux termes de l’armistice qui avait laissé ses armes à la garde nationale. Mais en s’appropriant des pièces qui appartenaient du moins à la garde nationale tout entière, en les conservant, les Prussiens partis, et contre le gré du gouvernement régulier, en les tournant vers la ville, Montmartre! sortit à la fois du patriotisme et de la légalité, et si le gouvernement eut tort de recourir à la force avant d’avoir épuisé les moyens de conciliation, il n’est pas juste de dire que l’expédition du 18 mars fût un coup d’État.

Nous avons déjà rappelé, dans un précédent chapitre, qu’après le départ du régentCharles (1357), le prévôt Marcel et les siens ayant forcé le château du Louvre, conduisirent les armes qui s’y trouvaient, canons, garos, arbalètes, à l’Hôtel-de-ville et sur quelques autres points. Le 5 octobre 1789, les femmes qui allèrent à Versailles y traînèrent les canons de l’Hôtel-de-ville. Pendant les premiers mois de la République de 1848, les canons des Voraces menacèrent Lyon des hauteurs de la Croix- Rousse. Les émeutes se croient souveraines quand elles tiennent la dernière raison des rois; à son défaut, elles pillent les armuriers qui sont, en France, il faut le reconnaître, beaucoup plus exposés que les changeurs.

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On sait avec quelle rapidité Paris se hérissa de barricades le 18 mars et comment les fédérés avaient établi une sorte de péage, les passants ne pouvant franchir certaines barricades qu’en y apportant leur pavé. Cluseret mit à profit les études qui avaient été faites pendant le premier siège, il voulait un système de barricades constituant une deuxième enceinte ; le temps manqua à son achèvement, cependant plusieurs barricades, notamment celles de la rue Saint-Florentin, de la gare du Nord, des places Saint-Pierre et Jeanne d’Arc étaient de véritables forteresses.

Dans les anciennes barricades le pavé n’était pas, comme depuis quarante ans, l’élément indispensable. Elles s’appuyaient invariablement à ces chaînes scellées aux murs, inventées, dit-on, par Etienne Marcel, déposées au château de Vincennes par les oncles de Charles VI , rendues aux Parisiens par Jean-sans-Peur, et qui se tendaient spontanément, dès qu’il s’agissait d'arrêter un abus ou d’empêcher de passer une vexation. Les tonneaux pleins de terre s’alignaient , véritables gabions de la guerre des rues. Les sentinelles avancées s’abritaient d’un tonneau vide qu’elles roulaient devant elles. Le 12 mai 1588 le Louvre fut enserré dans le cercle sans cesse rétréci des barricades de la Ligue, et les Suisses contraints d’abaisser leurs piques humiliées devant les arquebuses de la garde bourgeoise. Le 27 août 1618 vit les barricades des parlementaires; le barricadier d’alors était le coadjuteur de l’archevêque de Paris, le futur cardinal de Retz ; c’est lui qui donna les plans. La cour fut contrainte de céder. Il y eut, suivant Talon, douze

cent cinquante barricades, le double environ des . barricades de mai 1871 ; n’étant pas pourvues de ; canons , celles-là pouvaient être très-rapprochées dans le tortueux dédale du vieux Paris.

L’irrésistibilité même de la Révolution de 89 lui permit de se passer de barricades ; elle fut toujours assiégeante. L’ère des barricades de pavés com- i mence à la chute de la Restauration ; les barricades j sont comme les degrés par où la nouvelle mo- ' narchie monte au trône en juillet, en redescend en : février. Le sol de la ville se soulève et s’émeut à cha- ; que émotion populaire, certains carrefours sont classiques comme points stratégiques , certains pavés ne comptent plus les dynasties.

Les otages ! Ce mot réveillera à jamais l’indigna- « tion universellement soulevée par la mort de ces hommes pris à leur poste, en vrais soldats de Dieu, \ et qui, indulgents et sans menace, jusque dans l’a- ■ gonie, ne levèrent le bras que pour bénir. La lettre, ! tant reprochée à l’archevêque, lui avait été dictée par un désir d’apaisement d’une lutte sans merci des deux parts. Le prêtre, qui prend la pensée de i la mort pour compagne de sa vie, sait mourir; ce • jour-là est pour lui moins une séparation qu’un rendez-vous ; le départ lui est plus facile, car il se sait attendu. Otages, les prisonniers de la Roquette ne l’étaient même pas dans le sens de l’horrible décret de la Commune (qui voulait trois têtes pour une), ils n’avaient même pas passé devant les jurés de Rigault, et, quant aux dominicains d’Arcueil, il ne fut même pas question pour eux de cette qualité d’otages. Ce furent des représailles et aussi le fruit de la haine de certains hommeq, pour qui les prê-

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très sont des étrangers puisqu’ils parlent du ciel, des ennemis puisqu’ils prêchent la morale et le redressement de la vie.

A côté des représentants de la loi divine, tombèrent ceux de la loi humaine, un magistrat et des gendarmes, ces modestes figures qui, comme la loi qu’elles détendent, ont le rayon de justice et le rayon de force ; ce sont des soldats que l’âge fait ressembler à des juges. Des otages! Une hypothèque de chair et de sang ! On peut comprendre les otages volontaires, gages de la foi d’un serment, madame de Longueville, pour assurer les frondeurs de la fidélité des princes, se remettant, enceinte , entre leurs mains. Mais prendre des hommes, qui ne sont même pas des prisonniers de guerre, comme otages d’une lutte qu’ils désavouent, c’est la barbarie remontant à la surface de la société, des profondeurs de l’histoire.

L’exécution de Louis XVI et de Marie-Antoinette fut en réalité une exécution d’otages contre la royauté niée, contre les rois ennemis.

L’épouvantable ressemblance du massacre des otages en 71 et du massacre de septembre 92 n’est que trop visible. Les deux massacres s’acharnant aux prêtres, les prêtres captifs aux Carmes, chassés, tirés à travers le jardin, ainsi que les dominicains d’Arcueil boulevard d’Italie; Vermorel s’honorant par un blâme du massacre, qui rapproche en ce point sa mémoire de la mémoire de Manuel ; le tribunal organisé par Maillard à l’Abbaye et la cour martiale présidée par Genton à la mairie du XIe; le dépouillement des cadavres dans le chemin de ronde de la Roquette et la mise aux enchères des

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bijoux ayant appartenu aux victimes de septembre, agrafes sanglantes , bracelets dont le bras était tombé. Lors du massacre des Armagnacs à la prison du Châtelet , juin et août 1418, où les prisonniers tentèrent une résistance qui fut moins heureuse que celle des otages de la troisième section de la Roquette, on vit, dit le Journal d'un Bourgeois de Paris , « Convoitise, avec Rapine sa fille, et son fils Larrecin , qui tost après qu’ils estoient mors ou avant, leur ostoient tout ce qu’ils avoient. »

Quelques meurtriers de septembre crurent faire œuvre de salut, ceux de mai n’ont fait œuvre que de vengeance ; par là ces derniers sont plus bas encore, bien que le nombre de leurs victimes soit environ dix fois moindre et qu’il n’y ait pas de femme parmi elles.

Nous avons plus d’une fois montré Paris , dès avant 89, envoyant aux provinces la cocarde nouvelle; le 3 septembre 92, ce fut la propagande du meurtre. Marat adressa aux quatre-vingt-trois départements une circulaire les invitant à imiter le massacre dont elle contenait l’apologie.

L’insurrection du 18 mars compta beaucoup de misérables dans le double sens du mot, des « voraces » et des meurt-de-faim. La double ligne de leurs ancêtres se suit et se retrouve dans les révoltes qui surgissentpar intervalles, sortes de sphinx qui ne se payent pas de mots, attentats sans phrases, liquidation sociale par effraction et escalade, la richesse sous le baiser du pauvre et sous sa morsure affamée.

Telle fut par ses crimes la révolte des Bagaudes, ennoblie cependant de patriotisme gaulois et de

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christianisme. Leurs bandes mirent le siège devant Autun et, devenues maîtresses de la florissante ville des Eduens, la livrèrent au fer et au feu, n’épari gnant ni ses écoles célèbres, ni les maisons des particuliers, ni les aqueducs et les fontaines (1) qui étaient comme le trésor des villes à une époque où la pudeur catholique n’avait pas encore détruit la passion de l’eau et des bains. Une véritable furie s’était emparée de ces hommes, ils détruisaient i ndistinctement, faisaient laguerre aux chàteauxsans laisser en paix les chaumières, ravageaient les(2)champs sur des chevaux de labour. Ces événements furent sanglants, mais trois hommes y trouvèrent la pourpre, les deux chefs des Bagaudes, Ælien et Amandus, officiers romains, disent les archives d’Agaune, et Maximien, envoyé contre eux par Dioclétien qui, de ses mains, à Nicomédie, l'habilla de cette pourpre dont il importait de ne pas laisser aux seuls rebelles le prestige encore vivant. Une certaine adhésion des légions de la Gaule à l’insurrection avait contraint l’empereur d’en confier la répression à des forces orientales. Les Bagaudes furent vaincus tout près de Lutèce, dans leur place d’armes, une presqu’île de la Marne, située un peu au-dessus du confluent de la Seine, où ils se défendirent derrière le ' fossé de Jules César. A l’exception des brigands de profession, ils furent bientôt amnistiés.

On peut dire à la décharge de ces colons que, serfs avant la féodalité, enracinés au sol comme les plantes de leur culture, pareils à ces statues u’Egypte qui ont des bras et qui n’ont pas de pieds,

(1) Eumen. Grat. aetio .

(2) Claud. Mamert. Pancg.

voués au travail immobile , leur colère avait la fermentation terrible et les amertumes cuvées de ce ] régime cellulaire dont ils devaient parfois sortir violemment, mais dont l’écrou ne devait être levé j qu’en 1789. Ajoutez les oppressions spéciales de i l’époque. Les magistrats, dit le prêtre Salvien (1), |

sont « pires que les voleurs de grand chemin. » I Chose curieuse, d’après les archives d’Agaune, Bagaudes veut dire fédérés.

La Bagaudie avait été surtout le mouvement des métayers, le mot de Pastoureaux, qui apparaît au xm* siècle, indique par lui-même un caractère quelque peu différent. Le moine Jacob, prédicateur devenu tribun, traita hautement les prêtres de loups dévorants, peignit sur ses bannières l’agneau pascal et se fît le pasteur des bergers, plus faciles à entraîner que les laboureurs, car ils n’enfouissent pas comme eux leur âme dans un coin de terre avec les semences de la récolte. On disait Jacob savant en magie espagnole ; Mathieu Pâris le compare à Mahomet. Il vint à Paris et prêcha à Saint-Eustache. Les Pastoureaux s’étaient réunis sous prétexte de croisade, mais en réalité ils mirent à profit l’éloignement de Louis IX et ne se croisèrent que contre les prêtres, dont ils firent à Orléans un horrible carnage. Us furent eux-mêmes défaits sur le Cher par la noblesse berrichonne ; Blanche de Castille, après quelques exécutions, leur devint indulgente et, à ceux d’entre eux qui désirèrent quitter la France, elle facilita l’embarquement.

Comme l’empereur Caligula, les Jacques tirent

(1) De Provid., p. 442.

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3ur nom d’une partie de leur vêtement, d’une chelisette d’étoffe, rembourrée de laine ou de coton, orte de cuirasse paysanne, dont le diminutif jauette est entré depuis à la ville. Le caractère ruai de la révolte est incontestable ; un certain ’ierre de Montfort, voulant soulever la ville de laen , en parcourut les rues avec un modèle de harrue au chapeau. Cependant les Jacques s’alièrent souvent aux habitants des villes, notamment f, ceux de Senlis (1) ; des nobles prisonniers des acques ayant été envoyés à Beauvais, le maire et 3s échevins les firent tuer (2). Etienne Marcel afirme dans sa lettre du 11 Juillet 1358 aux commutes de Flandre (3), n’avoir pas été le promoteur de a Jacquerie ; au moins devint-il le pivot de ce uouvement qui eut sa plus grande intensité dans le lassin de la Seine. L’attaque du château d’Ermeîonville fut faite par les Jacques de Guillaume laie unis aux Parisiens envoyés par le prévôt des uarchands et commandés par le prévôt des monîaies, Jean Vaillant A la différence des Parisiens, ui attaquèrent le dauphin au Palais et la duchesse ie Normandie, sa femme, au marché de Meaux, es Jacques n’en voulaient qu’aux nobles, non à la juissance royale ; ils se ralliaient au cri de Montoye sous des bannières fleurdelisées. Le charnlellan du roi, Robert de Lorris obtint d’eux la vie .auve en reniant « gentillesse et noblesse. » « Nous lûmes homes cum il sont, » s’écriaient les Jacques; ,oute révolution est dans ce mot. Nombreux d’ail-

(1) Chr. de St-Denis, ch. 74.

(2) Très, des Chartes, reg. 90, p. 413.

(3) Archives d’Ypres.

leurs étaient leurs motifs de haine. Sans attacher 1 même importance que M. Luce (1) à l’ordonnanc de Compiègne sur le relèvement des forteresses pa les mains des vassaux, qui, en faisant des paysan les forgerons de leurs propres chaînes, se confort mnit simplement aux usages, il ne faut pas oublie: les seigneurs et brigands s’alliant quelquefois d souvent se ressemblant, la fleur de la noblesse ap1 parue, au champ de Poitiers, étiolée et pâlie, 1 , science, le goût même des armes faisant place ei elle à celui des bijoux, irrécusable signe que le hommes s’efféminent et vont ne plus compter : lil revanche de Poitiers ne devait être prise que pa Jeanne d’Arc.

Rien d’ailleurs ne saurait amoindrir à nos yeu: les exécrables forfaits des Jacques; s’il peut y avoi des circonstances atténuantes pour le coupable, i n’en est pas pour le crime ; si parfois le sang nt souille pas l’homme, il souille encore l’humanité De même que parmi les paysans soulevés il y avai des brigands de profession, les plus honteux appétits) entraient dans les causes du soulèvement. Toutes) les chroniques signalent, en grand nombre, le viol, le plus lâche de tous les abus de la force, acte telle-!ment odieux qu’il n’est jamais entré, comme le meurtre, dans la pénalité des nations, sauf dans cette pénalité illégale et criminelle des Romains, il déchaînant les bêtes et les vices sur les martyrs chrétiens. Les Jacques détruisaient les châteaux et marquaient leurs étapes par d’horribles incendies jj d’un vandalisme moins aveugle pourtant que ceux de 1871.

(1) Histoire de la Jacquerie

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Les Parisiens avaient été vaincus à Meaux, les pysans le furent à Clermont en Beauvoisis par [arles-le-Mauvais qui, à l’aide d’une trompeuse p)messe d’armistice, ayant attiré Guillaume Cale 3 son camp, avait par avance décapité l’insurrec- ;n de son chef. Les Jacques furent taillés en piè- ;;; un petit nombre réussit à se cacher dans les 2.mds blés : la récolte sauva quelques paysans, [m était fait de cette insurrection qui avait, comme arrive si souvent, étouffé sous trop de cendres ce j’elle pouvait porter de semences utiles. Les surfants furent, l’année même, amnistiés par le dau-

On sait quelle fut sur le soulèvement du 18 Mars afluence des deux lois des loyers et des échéances, ■première surexcitant Pémotion populaire, oujière, la seconde paralysant la résistance bour- -oise et, si l’on peut dire, marchande. Les ques- >ns d’intérêt ont fatalement une large place ns les préoccupations de ceux qui gagnent leur 3 et qui suent les impôts. Au commencement règne de Charles VI, une révolte s’émut aux allés, lors du rétablissement, non consenti par les ats, d’une aide du douzième sur les comestibles, rrès quelques maillets cassés sur le dos des perpteurs, l’impôt refusé reparut, précédé de fortes aendes.

Le chef des Pastoureaux avait reçu la mort des ains d’un boucher ; le commencement du xvc siècle t Paris aux mains de la corporation des bouchers li avait pour chef l’écorcheur Simon Caboche et chirurgien Jean de Troyes pour orateur. Leurs indes, fortes de la complicité de Jean-sans-Peur,

attaquèrent la Bastille, envahirent l’hôtel Sair Paul, habité par le dauphin; bientôt, comme Ma cel et les Girondins, ils habillèrent la royauté a couleurs de la révolution, mirent à Charles YI le! chaperon blanc ; ainsi, avant d’arriver au zéni de 93, le bonnet révolutionnaire éclipsa trois f( le front royal. Ce chaperon blanc était celui d Gantois, hôtes et amis des Cabochiens; ceux-ci l’e voyèrentaux autres villesdont quelques-unesl’acce tèrent comme signe d’un lien fédératif, resté d’ai leurs toujours flottant. Cependant la bourgeois parisienne n’acceptait pas l’hégémonie de la pop> lace ; elle s’assembla au couvent des Carmes pol délibérer d’une résistance qui ne fut pas jugée po sible. Les bouchers s’élevèrent à d’importants en plois, de l’aveu contraint du duc de Guyenne. C boche fut capitaine du pont de Charenton, le tripi. Denisot de Chaumont, capitaine du pont de Sain Cloud : c’étaient les deux avenues de Paris. Li Cabochiens publièrent une ordonnance réformatric 1 démentie par leurs violences, noyades, « baignades dira Carrier, sac de la maison de Gerson, chancelie de Notre-Dame, bourgeois détenus et rançonné; La hache des bouchers décimait la cour, Montfaiq con était peuplé de gentilshommes. Une commis sion de douze membres fut instituée ; par ses prc cédés sommaires, vrai tribunal révolutionnaire. U prévenu de ce tribunal, Jacques de la Rivière, fa assassiné dans sa prison par Jacqueville, capitain de Paris. On songe involontairement à Gustav Chaudey, fusillé à Sainte-Pélagie par Rigault, pro cureur de la Commune, et sans plus d’apparence d' jugementd’une juridiction illégale. « Qui fut un biei

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' ierveilleuxcas,dit Juvénaldes Ursins en parlant du remier de ces crimes, de tuer un homme ès mains e justice. » Les écorcheurs devenus égorgeurs, et Lux qui les suivaient, cette faction était une fracon assez faible de la population de Paris ; quand on u vint aux voix, neuf quartiers sur douze ratifiè- 3nt (2 Août 1413) le projet de pacification arrêté à ’ontoise avec le parti d’Orléans. Ce vote était la hute des Cabochiens; leurs chefs essayèrent en ain de conserver l’Hôtel-de-Ville ; ils virent de ses anètres, dans une sorte de plébiscite qui se fit place e Grève, ceux qui voulaient la paix devant se raner du côté droit, ceux qui voulaient la guerre du ôté gauche, ce côté laissé vide même par leurs >artisans lassés. L’assemblée de Pontoise avait fait me déclaration d’amnistie qui ne fut pas observée : m exécuta, on confisqua, on bannit.

L’Orient est le pays de l’huile. Il en a lui-même a lenteur appesantie, le calme accablé, la flamme atente. La Grèce en frotte les gladiateurs, mais 'Orient en oint les rois. Il s’en égaie et s’en sert, ^a mer Caspienne se voit, dans le port de Bakou, ;ouverte d’une nappe de pétrole, à certaines fêtes innuelles (1). Le feu grégeois qui, entre autres exoloits, brûla la grande tour en bois de Mahomet II, ious sa triple enveloppe de peaux, a pour origine [e feu mède. Les auteurs de l’Encyclopédie supposent que les robes envoyées par Déjanire à Hercule, par Médée à Glaucé, avaient été trempées dans le pétrole. La fournaise de Sidrach, Misach et /kbdenago était alimentée avec du naphte ou pé-

1) Chautard, Les Incendies modernes.

trole et la flamme s’élevait à quarante-neuf cuu dées (1). La surface de la mer Morte est encor oléagineuse : les villes chananéennes ont été « pé' trolées ».

Hérodote (2) avait vu dans l’île de Zante des lac: où l’on récoltait une sorte de poix en y plongean une branche de myrte attachée au bout d’un< perche ; cette substance « à odeur d’asphalte » étai assez liquide pour s’emporter dans des amphores un semblable lac existe à la Trinité, mais les procédés d’exploitation ont singulièrement changé. Les anciens Egyptiens enduisaient d’asphalte les bandelettes des momies pour les rendre imperméables à l’air ; Agrigente, patrie d'Empédocle, se servait de lampes à pétrole.

L’affaire de la Varenne Saint-Maur, il y a quelques années, montra les huiles minérales employées à effacer les traces d’un crime. Les Allemands se sont servi du pétrole à Bazeilles. Aux journées de Mai, il alimenta la destruction de Paris; les vivandières versaient l’alcool aux Vengeurs et le pétrole à l’incendie ; elles nourrissaient la mort des deux mains.

A défaut du drapeau rouge, l’agonie de la Commune eût pu arborer l’étendard qu’avait au temps de la Fronde le roi des Halles : des flammes dans une légende noire. La Commune s’était fait le sinistre exécuteur d’une menace ancienne.

En 1750, lors des troubles suscités (3) par les exactions des exempts, le peuple faillit ne pas attendre

(1) Daniel, III, v. 46 et 17.

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