‹ La commune l'église et l'état dans leurs rapports avec les classes laborieusesChapitre 20 sur 49 · U6 L\ COMMUNE · texte numérisé non relu

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TËtat, et c*e$l grâce à cet appui que le change se maintienl au pair entre i'Ëcosse et Londres. Les secondes, conçues dans un but plus politique que financier, n'existent qu'en vertu de privilèges exorbitants, et du bon vouloir des gouvernements, qui tiennent par là les grands propriétaires sous la main. Rien de pareil ne pourrait assurément s'établir en France.

Ce qu'il faut favoriser parmi nous, au point de vue du crédit comme sous tous les autres rapports, c'est l'esprit d'association locale. Fondez des associations locales de crédit, s'écriait avec raison M. le ministre Tourret, en combattant les projets d'associ4Uion na-tionale. M. Tourret avait raison, tout réside dans la distinction fondamentale qu'il proposait.

Des économistes dignes de foi attestent que la France pourrait rapporter aisément le double et peut-être même le triple de ce qu'elle produit, seulement par l'introduction de plusieurs méthodes, et sans opérer des dessèchements et des défrichements coûteux. Il n'y a pas en France le quart des terres cultivées comme elles pourraient et devraient l'être, c'est-à-dire en permanence de production par les assolements ; il n'y a pas non plus le quart des bestiaux que le sol pourrait nourrir, et par conséquent des richesses qu'il pourrait rapporter. Des associations agricoles fondées sous la surveillance de l'État et avec le concours des communes et des départements imprimeraient à l'agriculture une impulsion vigoureuse qu'elle n'a pu évidemment recevoir ni des comices agricoles, assemblées de théoriciens sans rapport avec les pouvoirs publics, qI de la société centrale et du conseil-général d'agricul-

LtGLlSE ET L'ÉTAT. i\l

tore, inutile couronnement d'un édifice qui manque de base. Ces associations, dont l'ancien système provincial de la Bretagne*, de la Provence* et du Languedoc* nous offrent d'excellents modèles, multipliées sur tous les points du territoire français, mises en correspondance les unes avec les autres, ainsi qu'avec les conseils d'administration publique, contribueraient puissamment aux progrès de Tagriculture. Des inspecteurs nommés par elles seraient chargés de visiter les propriétés, de publier les noms des agriculteurs les plus habiles et les plus laborieux, et de les désigner à des récompenses honorifiques qui seraient décernées dans des fêtes rurales. Bien plus, ces sociétés pourraient, par des statistiques comparées des méthodes, des productions, des consommation? diverses, éclairer de vives lumières l'économie politique , indiquer les réformes nécessaires dans les tarifs des douanes, dans les impôts de l'intérieur, faire prévaloir l'intérêt public sur les intrigues particulières que trament sans cesse l'égoïsme ou la faveur, et ouvrir au pays de nouvelles sources de richesses, en même temps qu'aux classes ouvrières de nouvelles sources de travail.

Des associations dlnduslriels et d'ouvriers ne rendraient pas de moindres services que les associations agricoles : c'est au grand principe de l'association que le monde du moyen-âge a dû les merveilles industrielles et artistiques des républiques italiennes, et que

* Prost de Royer, >». Agriculture^ p. 575.

* Coriolis, De l'Àdminietration de la Provence, t. I, p. 383.

* Albisson, TMs municipales du Languedoc,

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