‹ La commune l'église et l'état dans leurs rapports avec les classes laborieusesChapitre 22 sur 49 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

I^ question des logemeuts d'ouvriers n'est ni moins complexe» ni moins difficile que celles des polaires et. d^s institutions de crédit. La vie à bon marché, la santé, la propreté, la décence, la vie de famille, la discipline morale, la plupart des grands intérêts de la classe ouvrière sont impliqués dans ce problème en apparence peu important.

Il faut reconnaître avant tout que l'habitation de la campagne est plus favorable sous tous les rapports aux ouvriers que l'habitation des villes; ils n'y sont pas soumis aux octrois, cette douloureuse nécessité de nos Villes spoliées et obérées; ils y payent des loyers moins chers; ils y respirent un air pur; ils y vivent de la vie de famille ; et, s'ils y retrouvent le cabaret, du moins n'y sont-ils pas poursuivis par les prostituées et par les dramaturges.

Et cependant les campagnes tendent à se dépeupler ; et des masses d'ouvriers de plus en plus considérables

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s'entassent dans les grandes villes. La proportion numérique de la population des rilles et de la population des campagnes n'a pas été fixée précisément par la statistique. D'après M. d*Angeville (1), la moyenne de la population urbaine serait dé SI p. 400 et celle de nos campagnes de 79 p. 400. D'après M. Théodore Fix (2), la population agricole l'emporterait en France sur celle des villes, quoique dans une proportion moins forte qu'en Prusse, eu Autriche et en Russie, où il y aurait, selon lui, 27, 23 et enfin M citadins pour cent habitants. Mais M. Moreau de Jonnès ébranle l'autorité des chiffres de MM. Dangeville et Fix par une observation décisive, c'est qu'il n'existe en France aucune statistique officielle du personnel des classes ouvrières. Ce qu'on peut tenir pour certain, c'est que l'abandon de l'agriculture et le développement immodéré de l'indus-» trie manufacturière arrachent les ouvriers aux campagnes et les attirent dans les grands centres de population. Tout le monde se plaint de ce déclassement; et les doléances dont les commissions consultatives, chargées en 1 808 dans le chef-lieu de chaque cour d'appel d'examiner le projet de code rural rédigé par le conseil-d*Etat, prirent l'initiative, Sont repétées à Tenvî dans chacune de leurs sessions par les conseils-généraux des départements.

Au nombre des inconvénients qu'offre l'habitation des villes aux ouvriers, il faut mettre en première ligne l'incommodité des habitations. M. Villermé a fait,

i Statittique de la population française considérée dans quelques-uns de ses rapports physiques et moraux^ 1836. * Observations sur Vétat des classes ouvrières,

dans ses travaux sur 1 état des ouvriers, un tableau désolant de certains quartiers de Reims> de Mulhouse et d'autres villes industrielles. M. Blanqui vient de publier un compte-rendu de la situation des classes laborieuses qui constate Finsalubrité générale des logements. L'état vraiment déplorable des logements d'ouvriers dans la ville de Rouen» et surtout dans le quartier Martainville , appelle , dit-il , une réforme radicale, énergique» prochaine, au nom de la pudeur et deThumanité. M. Blanqui peint ailleurs ces caves de Lille où de malheureux ouvriers couchent sur la terre nue, sur des débris de paille de colza, sur des fanes de pommes de terre desséchées, sur du sable, sur des débris péniblemeat recueillis dans le travail du jour, et oii, selon l'expression énergique de M. Villermé, le jour arrive pour eux une heure plus tard que pour les autres hommes, et la nuit une heure plus tôt. Les casernes des ouvriers de Lyon sont plus aérées, mais offrent des inconvénients d'un autre genre. Chacun d'eux, dit M. Blanqui, y occupe un appartement de deux ou trois pièces rarement, plus souvent moins, où sont disposés près des fenêtres les métiers à la Jacquard, généralement assez élevés pour permettre la construction d'une soupente destinée à recevoir deux lits. Dans un coin de ces vastes pièces, le même poêle sert au chauffage commun et à la cuisine du ménage; quelquefois le chef de famille peut disposer d'une petite chambre pour y faire coucher ses filles et les tenir à distance des compagnons, à qui presque tous les chefs d'atelier accordent le logement. Mais il n'est pas rare de voir rangés sur la même ligne, dans la même soupente, le

lit do maître de la maison et ceux d^ ouvriers noma* des auxquels il loue ses métiers, moyennant les deux cinquièmes ou la moitié des prix des façons. Cette dé^ testable coutume engendre trop souvent une promiscuité fatale aux bonnes mœurs, et tout au moins favorable aux mauvaises influences.

Les habitations des ouvriers de Paris n'existent que dans certains quartiers et dans certaines rues de ces quartiers : ce sont des maisons vieilles , délabrées et mal tenues; les logements sont sales, mal éclairés, mal fermés. Ils sont étroits; et comme les parents et les enfants vivent et couchent dans la même chambre, Tencombrement qui en résulte est une cause d'insalubrité en même temps qu'il offense les bonnes mœurs. Les garnis des ouvriers nomades sont des foyers d'infection, qœlques-uns sont de véritables égouts. Il y a, dit M. Frégier\ des chambres garnies qui contiennent jusqu'à neuf lits séparés par de petites ruelles, suffisant à peine au passage des habitants , et ces lits sont bien souvent occupés par deux personnes qui ne se connaissent pas et ne ^ sont jamais vues. La différence des sexes n'est pa3 un obstacle à ces cohabitations noctames et fortuites, quoique les préposés de la police ne. négligent rien pour empêcher les désordres. Parmi les chambrées de femmeSi il en est une dans le quartier de la Cité, qui est renommée par le tableau de décrépitude et d'abjection qu'elle présente. Les femmes qui l'occupent habituellement sont de vieilles ivrognesses, dont plusieurs sont suspectes de vivre de vol. La police

^ Dm Cloitei dangereuses^ t, II, p. 441 .

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a rœll otiverl sur ces femmes, comme sur toti» lea ha^ bitants des mauvais'garnig. 11 arme quelquefois aux agents de faire des descentes au point du jour dans cette chambrée immonde , et de^ voir toutes les femmes qui l'occupent sur leur séant, pour faciliter les recherches. Le spectacle de ces momies animées a quelque chose de sépulcral, et Ton dirait que le célèbre auteur de Gil-Èlas y a esquissé jadis le portrait de Léonarde.

La Bohème, la Cour des Mdraeles, tous o^ soaire* nîrs du moyen-âge revivent encore, on le voit, 4àBS certains logements d'ouvriers heureusement exception-» nels, quoique la masse de ces logements appelle les plus sérieuses réformes.

L'excès du mal devait amener une réaction. L'émi^ gration des ouvriers des villes dans les campagnes a commencé sur plusieurs points, elle a produit d'excellents effets dans les environs de Rouen. On compte, dit M. Blanqui, dans le déparlement de la Seine-Iuférieure, environ cent dix mille ouvriers employés aut fabriques de rouenneries aux métiers non réunis, et quarante mille seulement, un peu plus du tiers, en grands ateliers à métiers réunis. Le salaire des^ premiers ne s'élève qu'à \ 7 millions de francs, tandis que cel» des autres atteint à peu près le chiffre de 95 millions. Ainsi les travailleurs de la campagne et du foyer domestique comptent soixante*dix mille personnes déplus que ceux de la ville et des métiers réunis, et ils ton-» ehent environ six millions de francs de moins par année. Les premiers ne se plaignent jamais, ne se révoltent jamais ; les autres sont toujours les premiers sur la brèche du désordre et de la sédition. En Picardie,

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leschosessontencoipeplns avancées: les ouvriers y vivent tons enfamille, etc^est chez eux qu'ils selivrentaux iravauî industriels en même temps qu'aux travaux agricoles. Ces deux sortes de travaux sont alternés de telle sorte que l'ouvrier chôme très-rarement. Celte exigence toute favorable à la santé du corps et à la tranquillité de l'esprit est bien préférable à celle des o^ivriers des villes. Il suffit pour s'en convaincre de comparer ces populations picardes, à-la^ois rurales et industriellei^, avec les populations ouvrières de Lyon et de Paris. Les premières sont calmes^ laborieuses, résignées au milieu des vicissitudes et des chômages de l'industrie, tandis que les ouvriers de Lyon et de Sâint-Éliénne sont toujours prêts, mêtôé au seiil de la plus grande prospérité indu^rielle, à se faire les instruments des agitateurs politiques et h allumer les feux d^one guerre sociale. Mais c'est surtout h Paris, dans la grande ville appelée par Louis Blanc la capitale des révoltés, que la population ouvrière est à l'état presque permanent d^armée révolutionnaire.

On évalue communémeni à 1^5)0()0 le nombre des ouvriers domiciliés à Paris, et à 30,000 le nombre des ouvriers nomades, nombre dans lequel \m ouvriers en bâtiments entrent pour les deitx tiers. Le nombre AkB oatrières est d'environ 60,000 ; joigne» à cela environ deux jeunes garçons par famille d'ouvriers mariég on vivant en concubinage, soit 100,000 ga» min» prêts h toute heure au désordre? joignes -y 4,000 chJffoffliiiers, industriels bohémiens, dont la moitié au moins est profondément corrompue; et juget tottl^ que peut fournir d'éléments perturbateurs

et anarchiques celte population ouvrière de 265,000 âmes désolée par la misère, et laotôt travaillée par les sociétés secrètes, tantôt chauffée par les prédications incendiaires des clubs.

Dans un ouvrage couronné par l'Académie des sciences morales, un chef de bureau de la préfecture de la Seine, M.Frégier, décompose soigneusement cette population ouvrière et croit pouvoir en détacher trentetrois mille hommes et vingt mille femmes appartenant aux classes vicieuses de la société. « Il n'est pas, dit-il, dans mon intention de prétendre que les personnes représentées par ces nombres soient toutes vicieuses au même degré: il y a des gradations dans leurs dérèglements; mais, à 1 égard des ouvriers que j'ai détachés de la masse, l'intempérance est un vice qui leur est commun à tous, et il en est près de la moitié (4 7,000) chez qui elle est portée jusqu'à l'abrutissement. A regard des ouvrières, on peut admettre que les deui tiers d'entre elles doivent être rangées dans les catégories les plus corrompues de la classe vicieuse, à cause de la bassesse de leur inclination, de leur immoralité ou de leurs déportements. Sur ce nombre, il en est environ deux mille qui entrent pour moitié dans le chiffre des filles publiques insoumises.

Quant aux chiffonniers, nous en évaluerons la partie corrompue à la moitié, c'est-à-dire à 2,000, y compris femmes et enfants. Ce nombre, réuni aux fractions extraites des nombres précédents, donne un total de 56,000 personnes outre les gamins , lequel constitue un des principaux éléments de ce ramas d'individus formant, dansiez grandes villes, la lie des populations*

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Ce rebut des classes ouvrières devient surtout dangereux par son contact avec la portion vicieuse des classes aisées. Les éléments les plus dangereux de la classe oisive et dépravée sont les joueurs, les filles publiques, leurs amants et souteneurs, les maîtresses des maisons de prostitution, les vagabonds^ les fraudeurs, les escrocs, les filous et les voleurs, les voleuses et les receleurs. Des renseignements recueillis à l'aide des registres de la police, les statistiques de la justice criminelle et d autres documents analogues, ne portent pas à moins de 30,000 le nombre de ces êtres dépravés, de sorte que la capitale a perpétuellement dans son sein 86,000 malfaiteurs sur lesquels toute action soit morale, soit policière, est à peu près nulle.

Pour remédier au mal qui résulte de l'agglomération des ouvriers dans les grands centres de population , pour favoriser d'une part leur dispersion dans les campagnes, de l'autre l'amélioration de leurs habitations, soit rurales, soit urbaines, il faudrait organiser libéralement et doter de ressources suffisantes les autorités communales, en même temps que favoriser les associations charitables qui viendraient se grouper autour des conseils locaux, pour seconder de leur influence et de leur bourse l'action de l'autorité publique.

La répartition des populations entre la ville et la campagne soulève plusieurs questions délicates que do^ mine de toute sa hauteur l'immense problème de la pré^ férence à accorder en ce pays à l'industrie agricole et à l'industrie manufacturière. Nous ne voulons pas sonder les profondeurs de cette question et mettre en présence les théories de Sully et de Colbert ; nous nous bornons

à constater tes développements excessifs de notre indostrie manufacturière et le progrès parallèle de. la plaie du paupérisme ^

< M. de Tholozan, intendant général un commerce, piiMia aa commencement de i7S9 un tableau des principales iadotUi» de la France constatant les résaltats suivants :

Produits minéraux. . . , 4 63,1 60,000 fr,

— végétaux. . . . 316,500,000

— animaux. . . . 454,800,000 Arts et métiers. ... « 60,000,000 40,000 ourriers*

Un travail analogue, ordonné par Napoléon dès Tanuée 4 800, et que M« Gbaptal a publié en 1819, indique pour Tannée 1812 les estimations suivantes :

Produits minéraux. . . . 391,572,000 fr.

— végétaux. . . é 771,638,000 •--* animaux. . * ^ 508,385^000

Autres produits 148,405,000

Cet immense progrès de IMndustrie en 25 ans a été surtout sensible dans l'industrie des lainages, ainsi qn^on peut en Juger par la comparaison des chiffres suivants extraits de la Staiiêtiquê in^ustHelle d« France :

1788. laïa.

Nombre de métiers 7,285 I7,0t4

-^ , d'ouvriers. ...... 76,817 131,409

-^ de pièces de lainage fabriquées. 324,440 1 ,240,077 Les trente ans qat viennent de s'écouler ont impHmé à ce mouvement ascendant de l'industrie un tel élan, qu'un seul arrondissement, celui de Lille, emploie annuellement pour 150 millions de matières premières dont il tire, au moyen de soixantetrois mille ouvriers, trois cents machines à vapeur, deux cenl vingt autres moteurs et vingt-trois à vingt*quatre millt raétters, une valeur de 234 millions en produits fabriqués.

La population manufacturière du département du Nord a subi un accroissement analogue à celui de la production. La population totale était, en 1789, de 808,147 individus j elle est ai4our-

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Une protection efficace accordée W ràgriculture, de sages entraves opposées à U multiplication des usineâ dans les grands centre^ de population, pourraient remédier m grande partie au mal général.

Quant h la question spéciale des habitations d'ou«- YrierSy deux sortes de mesurer peuvent être prises : des mesures administratives et des mesures législatives. Poor les unes comme pour les antres, c est dans les no-* tabilités et les autorités locales bien plus que dans le pouvoir central qu'on trouvera des ressources et des m^fiW^ d'action efficaces.

L'Angletôrre et la Belgique nous ont devancés dans cett9 Voi6. k la suite de l'enquête faite en 4 844 par le ]»arlement anglais sur la situation des grandes villes et de« distriot^ populeux » on reconnut qu'à Londres^ dans k^psM^0isiiiê(âmovre~Square), 1 ,465 familles n'avaient peur se log^ que S, 4 75 pièces pourvues de 2,51 lits I

d^hoi d^qn milHon. L^ partie IndastrieUe de cette population «st^ ptr rapport à la partie agricole, dans la proportion de 2 3/5SI à 3, taidis qo^ 4a68 le fesie ée la France, cette ptoportion est d9 4 è 4.

Cet e\(A^ 4^ production et ^ population nsanuf^ctorières a produit, dans le département du Nord, des résultats déplorables. Cette contféej Tune des pfus avancées en progrès agricoles e( iidiiscriels^ ei»t deventie la patrie adoptive da paupérisme ; et Tes d^poptbftmtBtâ «fôcieidy faits ^r l'ordre de rautorité administntiTe ei^ 4S2Sy,on4 eonstftté uq Rr»i gne n'a pu qu'empirer dc^ pois lors : c'est qu'il eiiste^ dans le département du Kofd^ 463,453 individus inscrits comme indigents sur les registres du bureau de bienfaisance, c'est-à-dire, un sixième environ de la population générale. (Statistique de la France ; Économie poli^ tique chrétienne^ par M. de Villeneuve-Bargemont.)

Lord Ashley, doEt rallention fut éveillée par ce fait, se hâta alors de fonder, de concert avec quelques membres éminents de l'aristocratie anglaise, la société pour l'amélioration de la condition des classes ouvrières. Cette société, constituée au capital de 400,000 livres sterling, a déjà construit quelques maisons modèles où elle loue des appartements de trois pièces, pour une somme hebdomadaire de 4 fr. 35 c, à 7 fr. 50, et qui remplaceront peu à peu ces réceptacles de misère, de vice et d ordures, où souvent une chambre réunit jour et nuit 20 , 30 et jusqu'à 40 individus * , €et exemple commence à être suivi sur une vaste échelle ; et, dans la séance de la société métropolitaine du 30 janvier 1 849, lord Ashley a annoncé que non-seulement à Londres, mais à Edimbourg, à Glasgow, à Bath, à Brighton, à Macclesfield, les membres du clergé et des comités locaux rivalisaient de zèle pour multiplier et louer au plus bas prix possible aux ouvriers des maisons saines et commodes.

En Belgique, on s'occupe depuis longtemps de cette question. En 1 838, une commis^on fut nommée par le conseil central de salubrité publique pour constater Fétat des habitations de la classe ouvrière, et pour proposer les moyens de Taméliorer. Un économiste belge^ M. Ducpétiaux, publia et adressa en 4845 au conseil communal de Bruxelles et au conseil central de salubrité publique un mémoire accompagné de plans, où la question est examinée sous les rapports hygiéniques»

* De la Charité ofieielld et privée. {A nnales de la Charité, 1849, 5«ct6« livraisons.)

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adminisUratifs et financiers; ce mémoire a été approuvé et envoyé à une commission de trois, membres. En attendant la solution, une association s'est formée spontanément à Liège sous le titre de : Société pour la construction de maisons d'ouvriers. Cette Société, dont le but est de procurer aux ouvriers des habitations salubres à prix réduits, et de leur faciliter les moyens d'en devenir propriétaires, a commencé à opérer avec d'autant plus de facilité» quen Belgique les libertés communales sont très-étendues, et que les mesures d'assainissement peuvent être légalement décrétées par l'autorité municipale sans l'intervention du pouvoir central. Une société semblable vient de se former à Berlin au capital de 50,000 thalers (180,000 fr. environ), et a déjà fait construire une douzaine de maisons.

La loi municipale française, quoique moins féconde en ressources que les lois belges et allemandes, donne cependant la facilité et même impose l'obligation aux autorités communales de veiller à la salubrité publia que, et la Cour de cassation a consacré plusieurs fois le caractère obligatoire des règlements de police édictés dans ce but et attaqués par Tintérét privé. On peut donc sans excès de pouvoir suppléer au silence de la loi du 3â juillet 4 791 , qui, en réglementant le régime des logements garnis au point de vue de la sûreté et de la tranquillité publiques, n'a rien prescrit touchant la salubrité intérieure de ces logements. Le conseil de salubrité publique qui siège à Paris auprès du préfet de police, le comité consultatif d'hygiène publique établi le 22 août 1848 près du ministère de l'agricul-

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