‹ La commune l'église et l'état dans leurs rapports avec les classes laborieusesChapitre 25 sur 49 · CHAPITRE Xn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xn

Nous avons suivi louvrier depuis le berceau jusqu^à la tombe, et nous avons tâché d'indiquer dans quelle mesure et par quels moyens la société pouvait, en venant en aide à son industrie et à son esprit de prévoyance, lui rendre le travail facile et fructueux, et lui préparer quelques épargnes pour ses vieux jours.

Les deux grandes lois du christianisme, la liberté et la charité, nous ont paru le seul antidote possible au socialisme ; nous en avons déduit la liberté dassoeiation; et c'est à Taide de ces trois principes : liberté, charité, association, que nous avons cherché à résoudre deux problèmes qui nous ont paru étroitement lies Tun à Tautre, Torganisatign des classes ouvrières et Torganisation des communes.

Également dévoué aux libertés locales et à lunité politique, nous avons cherché à concilier dans Tintérét des classes ouvrières qui, n'est autre que celui de la so-

ciété tout entière^ les exigences de radministration et celles de la police.

Nous avons cherché à garantir contre l'arbitraire ministériel Texislence civile de la commune et du canton, en même temps qu'à fortifier l'unité de la police centrale.

Nous avons maintenu le principe du suffrage universel, mais en Tentourant de garanties de résidence, de moralité, de travail que nous avons rattachées aux statistiques locales et à Timmatriculation des classes ouvrières, ce puissant moyen de contrôle, cet élément fécond d^administration intérieure.

Dans lexamen des attributions respectives des autorités locales et des agents du pouvoir central dans l'administration des communes, nous avons surtout cherché â fixer la portée et la limite de la surveillance administrative y et à vivifier l'esprit munidpal> véritable source de tous les progrès agricoles et industriels.

Serrant ensuite de plus près la question des classes ouvrières, nous avons examiné toutes les institutions qui se rattachent à l'éducation populaire, la crèche, la salle d'asile, l'école primaire, l'école professionnelle, ainsi que Tappârentissage^le compagnonnage,les bureaux de placement dans leurs rapports avec la liberté duL travail,, et avec la triple autorité de la commune^ de Téglise et de l'État ;

La réorganisation des corporations ouvrières sous l'empire du double principe i Hbérié, association;

La discipline de l'atelier et la juridiction des prud'hommes, ces conciliateurs naturels du patron et de

l'ouvrier dans la réglementation du salaire et dans tous les différends qui peuvent s'élever entr'eux ;

Les institutions de crédit fondées, sur un système d'associations locales, hiérarchisées et fonctionnant sous là surveillance de l'Etat; ■ . ,

Les habitations, les cités ouvrières organisées dans un esprit favorable à la vie de famille ; , . -

Les caisses d'épargne, de secours mutuels et de jetraites, combinées sous la triple influence de la liberté, vde la solidarité réciproque et de la garantie de l'Etat ; , Tel est Tensemble des réformes dont le rapide examen nous a permis de comparer sous des faces diverses [ ^le système des administrations locales et celui de la centralisation, et de constater l'immense supériorité du double principe de liberté et d'association solidaire sous la surveillance de l'Etat, sur le principe d'omnipotence iQinistérielle qui nous régit.

Notre tâche n'est remplie qu'à moitié.

Il ne suffit pas de pourvoir autant que possible au travail privé; il faut pouvoir suppléer par un bon système de travaux publics au chômage des industries et organiser un large système de bienfaisance publique.

Mais ici la question cesse d'être une question de prévoyance; c'est le grand problème de V assistance dans .toute son étendue et avec toutes ses difficultés.

Nous tâcherons de l'aborder dans une seconde partie.

FIN DE U PEEMIÈRS PABTUi

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