CHAPITRE XI
Historique de TAMlsiaiiee puMl^ue*
Un mot nouveau a surgi dans la langue politique» et ce mot implique dans certains esprits tout un ordre d'idées philosophiques nouvelles, tout un système administratif sans exemple dans le passé.
L'Assistance est-elle donc autre chose que la bienfaisance, autre chose que la charité? Ne dérive^t-elle plus de ce sentiment de sympathie qui émeut Thomme à l'aspect des souffrances de son semblable, et qui rend la joie de faire du bien plus douce et plus touchante que la joie de le recevoir? N'est-ce plus cette vertu aimable que les anciens * nous montraient dans Fallé-
1 Quorain qu» vis, qusqae proprietas sit dicam, si priùs illa, qu» ad rem non pertinent, transilire mihi permiseris, qaare ires gratis, et qaare sorores snnt, et qaare manibas implexis, qaare ridentes, juvenes, et yirgines, solutâqae ac pellacidA veste. AUi quidem videri volant unam esse, qaae det bene^ciam, altérant
gorie des trois Grâces \ ces trois sœars qui, les mains entrelacées, Tair riant, jeunes, vierges, sans ceinture et vêtues de robes transparentes, représentent, selon les uns, la Bienfaisance dans ses trois acleurs, celui qui donne, celui qui reçoit, celui qui rend, et, seloii les autres, sous ses trois faces, le bienfait, la dette, la reconnaissance? N'est-ce plus cette vertu théologale du christianisme dont saint Augustin a donné la définition acceptée par saint Thomas et par Bossuet en ces termes : Mouvement spontané de Vâme qui noiÂS porte vers Dieu à cause de lui, et vers le prochain à cause de Dieu*, de sorte, dit Chateaubriand, que les hommes s'aiment à travers Dieu, qui spiritualise leur amour et n'en laisse que l'immortelle essence en lui servant de passage?
« Non , disent les socialistes , la bienfaisance , la charité est libre dans son principe: c'est une dette sans doute, mais une dette du cœur^; l'assistance dérive
qa» accipiat, tertiam quœ reddat. Alii tria beneficiornin gênera promerentiam, reddentiuin, simul et accipientinm reddeniiamqae. (Senec., De Benef,^ lib. V.)
* XdpvTiiy d'où charus, charitas.
t DefinitioDem charitatis a sancto Aagustino proditam, ab angeUco doctore repetitain,abuniversà scholâ receptam,à me verô otgectam licet sibi adTersissimam, nec auctor improbare est au« sus ; quffi tamen cùm qaœstionein solvat, mirutn in modum ab eo deformalur, et in sensus aUenissimos detorquelur. Est autem eJQS modi : Charitatem dico motum animi ad fruendum Deo propter seipsum, et se et proximo propter Deum, (Bossaet, Schola in tuto, question YI.)
* Nemini quidquam debeatis, nisi ut invicem diligatis. (S. August., Epist, ad^Prob.)