‹ La commune l'église et l'état dans leurs rapports avec les classes laborieusesChapitre 46 sur 49 · Ô4 LA COMMUNE · texte numérisé non relu

Ô4 LA COMMUNE

d'un droit et d'un deroir rîgdufeuî : c'est une dette de l'État envers chacun de ses mertibres. Le citoyen nécessiteux ne demande pas l'amour de ses frères ^ il leur demande du pain; il s'adresse à l'État et lui dit: «t l'exige de vous, au nom deâ classes déshéritées^ une « meilleure distribution de la richesse commune, et « j'appelle au besoin à mon secours les révolutions. »

Ainsi, la charité catholi(jue et Y(mistance socialiste diffèrent sous tous les rapports. L'une prend sa source dans l'amour, l'autre dans la peur et dans l'intérêt. L'une est libre et spontanée, l'autre ne s exerce qu'avec le secours du bras de l'État. L'une engendre la reconnaissance et l'union de tous les citoyens, qui, liés entre eux par des devoirs de justice et de tharite y comprennent que leur vie est toute de dévouement et de sacrifice; l'autre excite l'antagonisme entre les classes de la société et jette dans son sein des germes de guerre civile.

Pour nous rendre un compte bien exact des différences qui existent entre la vertu sociaUy si bien caractérisée par Sénèque, par Saint-Augustin et par Bossuet, et le droit à V assistance y tel que l'entendent les socialistes, jetons d'abord un coup-d*œil rapide sur les établissements de bienfaisance de l'antiquité et sur les institutions charitables du christianisme.

La bienfaisance privée régna seule à Rome aussi longtemps que les mœurs y furent simples et austères; mais quand la corruption dégrada l'esprit de famille et créa la pauvreté du superflu de la richesse, on commença à imaginer des établissements de charité publique. La jurisprudence favorisa les legs qui leur

étaient faits ; l'humanité, Tamour de la patrie les fondèrent et l'honneur les soutint *.

Trajan, pour l'éducation des jeunes gens, fonda des établissen^ents qu'on appela alimentaires ; Commode et Antonin suivirent ce grand et bel exemple *. Nerva alla plus loin, et voulut que dans toute l'Italie on nourrit aux dépens du public les orphelins des deux sexes *. Adrien leur procura des avantages encore plus considérables^. Enfin, Antonin-le-Pieux établit des filles faustinienneSy du nom de ^on épouse ; Macrin, des anioniens et des antoniennes , du nom d'Antoine Diadumédène; son fils Alexandre, des macriniens et ào^macriniennes ^.

Toutefois, il n'appartenait pas à une société païenne où l'esclavage et l'infanticide étaient les correctifs officiels de la misère publique, de réaliser dans toute son étendue cette vertu de la bienfaisance qui n'était, aux yeux des moralistes de l'antiquité, qu^une vertu purement privée, essentiellement volontaire" et désordonnée % et qui, dans l'esprit de quelques-uns, ne

*■ Qaod |n alimenta infirm» «tatis, pntà senioribos vel pneris, paellisque relictum fuerit, ad honorem civitatis pertinere respondelqr. (L. 122, ff. De leg., 4*.)

* Anlonius Augustinus, in Àntiquitatibus romanis,

* AureUns Victor, in Epist, Augutt., cap. xii. ^ Spartiana$, cap. vu.

B Varii histori» Angust» scriptores.

* Tribuens gaudinm, capiensque tribuendo, in id quod facit prona, et sponte suA parata. (Senec, De Benef,<, lib. I.)

'^ Largiri in Taïgas bénéficia quùm institneris, perdenda sont multa ut semel ponas benè.

pouvait même s'exercer qu'entre personnes de condition libre *. .

Le cliristianisme généralisa, épura et ordonna Faction de la charité. « Les premiers fidèles, dit Chateaubriand *, instruits dans cette grande vertu, mettaient en commun quelques deniers pour secourir les nécessiteux, les malades et les voyageurs ; ainsi commencèrent les hôpitaux. Devenue plus opulente, l'Eglise fonda pour nos maux des établissements dignes d'elle. Dès ce moment les œuvres de miséricorde n'eurent plus de mesure : il y eut comme un débordement de la charité sur les misérables, jusqu'alors abandonnés sans secours par les heureux du monde, »

La commune ne tarda pas à venir en aide k V église, dans les œuvres de charité. « Que chaque cité , dit le deuxième concile de Tours, en 567, nourrisse d'aliments convenables les pauvres qui y sont domiciliés, suivant l'étendue de ses ressources; que les prêtres et les autres citoyens y contribuent , afin que les pauvres ne se rendent pas dans les autres localités. » Cette disposition, confirmée par un capitulaire de Charlemagne, de 806, et par l'article 73 de l'ordonnance de Moulins, devint iun des fondements de la législation charitable. Les rois les plus puissants et les plus pieux, Saint-Louis lui-même, ne prescrivaient point la charité, cette vertu céleste que Dieu a placée comme un puits d'abondance dans les déserts de la vie. Us se

1 Qnanquàm queritar à quibusdam, sicnt ab Hecatom, an beneficium dare servns domino possit? (Senec, De Benef., 1. L) * Génie du Christianiême, t. IV, p. 420.

reposaient sur Tesprît de religion, de famille, de cité, du soin d'en développer les germes. Tandis que le clergé, la noblesse, le peuple rivalisaient de pieux efforts pour fonder, doter et entretenir les institutions charitables, les rois se préoccupaient surtout de la répression des abus de la mendicité. On lit dans les Établissements publiés en 4270 : « Tout fainéant qui, n'ayant rien et ne gagnant rien, fréquente les tavernes, soit arrêté, interrogé sur ses facultés, banni de la ville, s'il est surpris en mensonge, convaincu de mauvaise vie. « a Ce n'est pas, dit k ce sujet Thistorien des établissements charitables, ce n'est pas Thomme dont Fâme tendre et compatissante faisait rechercher dans les provinces et dresser des listes des laboureurs vieux et infirmes pour leur porter aide et secours, qui servait les pauvres malades, les portait lui-même dans les asiles que sa générosité lui avait préparés ; ce n*est pas cet homme qu'on accusera d'une froide sévérité envers les pauvres. S'il a fait des lois pénales aussi sévères, c'est qu'avant tout il aimait la justice; il voulait qu'elle fût, suivant son expression, bonne et raide^ et le pauvre y devait être soumis comme le riche. »

L'histoire de la charité en France se confond avec celle des ordres religieux et militaires. Les hospitaliers du Saint-Esprit ouvrent, en 1362, le premier asile des orphelins. Les reîigieuxde Saint-Basile fondent, à la même époque, les maladreries et les léproseries. L'ordre de U Merci se consacre au rachat des captifs et au soulagement des pauvres étrangers. Les Rc/tgieuses pénitentes retirent du vice les malheureuses filles exposées à périr dans la misère après avoir vécu

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dans le désordre. Noire^DatM-de-Miséricorde oavre aux familles déshéritées des avantages de la fortane ses paisibles solitudes. Lordre des Ouvrière pieux se consacre au soulagement des infirmités humaines. Le chapitre de Notre-Dame fonde VHàuUDieu de Parié, « où de saintes filles, dit Héliot, dans son style naïf, non-seulement pansent , nétoyent les malades» font leurs lits, mais encore, au plus fort deThiver, cassent la glace de la rivière qui passe au milieu de cet hôpital, et y entrent jusqu'à la moitié du corps pour laver leurs linges pleins d'ordures et de vilenies, et courent volontiers à la mort qu'elles affrontent, pour ainsi dire, au milieu de tant de puanteur et d'infection, causées par le grand nombre de malades. » Tandis que les filles de rHôtel-Dieu se renferment dans Tintérieur d'un lieu pestiféré, les Sœurs grises se répandent dans les villages et vont chercher les pauvres dans leurs chaumières. Saint-Vincent-de-Paul recueille les enfants trouvés. Les bienfaits de la charité chrétienne sont innombrables.

Qu'il se soit glissé des abus dans les institutions charitables, que l'autorité civile ait été forcée d'y remédier, et de réformer fréquemment les établissements religieux , ce sont les tristes et inévitables conséquences de la décadence des mœurs. De là les édits de François P' sur l'administration des hôpitaux, et ses tentatives pour suppléer à leur insuffisance par une sorte de taxe des pauvres; de là les grands travaux de l'illustre chancelier de L'Hôpital ; de là l'ordonnance de Moulins, qui renouvelle l'ordre aux villes, bourgs et villages, de se^ courir leurs pauvres, et défend à ces derniers de deman-

der l'aumAne hors da lieu de leur domieile ; delà Tédit relatif h la réforme des hôpitaux, rendu en 1642 par la Régente , pendant la tpinorité de Louis XIII ; de là le code hospitalier, donné par Louis XIV à la France en 4656, et par lequel le grand roi, se nommant luimôme conservateur et protecteur de l'hôpital général , institue une commission administrative , investie de^ pouvoirs les plus étendus ; de là les règlements du même monarque en faveur des enfants trouvés, sacrifiés alors par des expositions barbares; de là rétablissement, par Louis ÎVI, des Monts-de-Piété.

Dans Tordre des temps comme dans Tordre des idées , la religion inspire et fonde Tœuvre charitable , la commune aide à ses progrès, TÉtat la protège, la dote et la perfectionne. Du concours de ces trois grandes forces résulte le soulagement, dans la mesure des facultés humaines , de la pauvreté et de la misère sous l'inspiration de la charité.

Ces principes, qui étaient ceux de notre ancienne législation, étaient à la vérité ordonnés d'une manière fort imparfaite. On peut dire, avec un historien de l'Économie politique, qu'avant 1789 il n'existait ni à Paris, ni dans les autres parties du royaume, un système régulier pour le soulagement des pauvres et Tadministration des secours, qu'en ce qui concernait les hospices et les hôpitaux. Les secours publics étaient immenses ; mais on doit reconnaître qu'ils étaient trop souvent affectés à des besoins du moment, sans aucun plan, sans aucune règle, d'après des affections particulières ou des sentiments individuels. 11 n'y avait nulle liaison, nul rapport entre les différentes branches de

radministration des secours , et les intentions des hommes charitables étaient trop souvent déçues. On donnait beaucoup, maisonrépartissait mal. Néanmoins, malgré tous les vices de l'administration des secours, les pauvres étaient abondamment assistés ; et si de faux indigents abusaient de la charité, du moins on n*avait pas à craindre d'avoir manqué à secourir la pauvreté réelle. On avait compris, en même temps, que le travail était la ressource la plus morale et la plus utile à offrir aux indigents valides. C'était un progrès sensible vers le perfectionnement de la charité. Le roi Louis XYl s'occupait de donner à cette direction de grands encouragements, lorsque la Révolution vint interrompre les projets conçus par sa charité éclairée.

Au lieu de réformer les abus, cette révolution s'attaqua directement aux principes. Dès les premiers travaux de l'Assemblée constituante, la philanthropie prit la place de la charité chrétienne en attendant d'être détrônée par le communisme de la Convention.

Le comité spécial, chargé par la première Assemblée nationale de créer un système de secours destiné à remplacer l'ancienne charité, qui avait perdu en 4789 jusqu'à son nom, eut pour principal organe M. de La Rochefoucauld-Liancourt. Tout homme a le droit à sa subsistance^ dit le TSifforiem. Cette vérité fondor mentale de toute société et qui réclame impérieusement une place dans la déclaration des droits dé Vhomme a paru au comité devoir être la base de toute lot , de toute institution politique, qui se propose d'éteindre la mendicité. Ainsi, chaque homme ayant droit à sa

subsistance, la société doit pourvoir à la subsistance de tous ceux de ses membres qui- pourront en manquer^ et cette secourable assistance ne doit pas être regardée comme un bienfait; elle est sans doute le besoin d'un cœur sensible et humain, le vœu de tout homme qui pense, mais elle est le devoir strict et indispensable de tout homme qui n'est pas lui-même dans Vétat de pauvreté; devoir qui ne doit point être noirci ni par le nom ni par le caractère de V aumône; enfin elle est pour la société une dette inviolable et sacrée.

Partant de ces principes, le comité proclame le droit au travail en lui donnant pour correctif l'obligation du travail , et en punissant la mendicité comme un défit. Il propose d'abolir les hospices, qu'il considère comme un faux système de secours, comme un instrument de servitude. Les bras des ouvriers valides seront appliqués aux défrichements, aux plantations des bois, au dessèchement des marais, à la création des routes nouvelles. L^sinvalides du travail^ comme on les a appelés de nos jours, recevront partout où ils se trouveront des secours à domicile; les pauvres étrangers cesseront d'être refoulés vers leur domicile de secours : ainsi le . veut le principe de la liberté individuelle. Les pauvres honteux seront seuls exclus de la liste des indigents. La publicité est de l'essence de la charité publique. Le pauvre qui rougit de sa misère ne doit avoir de recours qu'à la charité privée.

Tels sont les principes philosophiques de l'Assemblée constituante en matière d'assistance.

Unité, égalité dans la distribution des secours sous

la direetion suprême du (joaYernemeBt, tek sont ses moyens d'administration .

Il fiaat donc* déclarer nationaux tous les fonds appartenant aux hôpitaux, aux maisons de charité, aux aumônes dotées ou fondées; faire de ces ressources diverses et des produits d' un impôt qui remplace désormais la bienfaisance privée une masse de secours h répartir dans tout le royaume, et par-là confirmer, consolider, rendre indépendante de tout événement , de toute chance inattendue, de tout hasard d'une bonne ou maavaise administration, Tassistance de la classe, indigente.

De même que la charité privée doit être absorbée par l'assistance publique, de même l'action de la commune doit disparaître devant Taction du pouvoir central. Autrement, dit le rapporteur, V assistance fowt ceux qui doivent être secourus ne serait pas égale; elle dépendrait du plus ou moins de richesses de h municipalité, de la facilité plus ou moins grande du corps adn^inistrants. Ou Vassistance serait insuffisante, ou la charge deviendrait insupportable potir les citoyens qui ne seraient pas assistés.

En un mot, tous les fonds de secours, car les mots de charité et d*aim6ne doivent disparaître de la langue politique, seront réunis en une masse commune dans les mains de la nation.

A chaque nouvelle législature, TAssemblée nationale

* Vôy, le troisième rapport contenant les bases constitationnelles du système général de la législation et de TadministratioD des secours.

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Votera avec la sanction royale la répartition des fonds par département, et réservera dans un centre commun une somme disponible pour être verdée dans tel ou tel département, selon les besoins, et daâs le cas de malheurs extraordinaires; et comme l'assistance des malheureux est une partie essentielle de la Constitution, Tadministration qui dispose deis fonds qui lui sont attribués, qui répartit et qui distribue ces secours, sera conduite d'après les mêmes principes et par les mêmes moyens qui administrent toutes les autres branches de cette Constitution. La Constitution doit être une; si quelqu'une de ses parties pouvait s'en détacher sans nuire à Vensembley cet ensemble serait imparfait.

Ainsi raisonnaient les philanthropes de 1 A^^emblée eonslituante, et ils ne se flattaieni de rien moins, par ce plan si simple en apparence^ que défaire disparaître sans le secours des inspirations delà charité chrétienne non-seulement la mendicité, mais la misère et la pauvreté. L'amour de rhumanité inspirait sans doute ces projets; mais dépourvus de toute inspiration religieuse, ils devaient par cela seul échouer» L'Assemblée constituante ne put leur donner aucune suite.

C'est à Barrère qu'incomba la tâche inachevée du vertueux mais impuissant M.deLiancourt. « Citoyens, dît-il à la Convention , il y a peu de jours vous ap* plaudissiez à ces paroles : les malheureux sont les puissances de la terre , ils ont le droit de parler en maîtres aux gouvernements qui les négligent ; ées principes sont éversifs des gouvernements corrompus^ ils détruiraient le vôtre si vou>s le laissiez eor^ rompre....

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Ce n est pas cessez pour le peuf le, ajouta le fougueux irih\xïï,d abattre les factions, de saigner le commerce riche, de dém4)lir les grandes fortunes; ce n est pas assez pour lui de renverser les hordes étrangères, de rappeler le règne de la justice et de la vertu^ il faut encore faire disparaître du sol de la République la servilité des premiers besoins, l'esclavage de la misère et cette trop hideuse inégalité parmi les hommes qui fait que Vun a toute Vintempérûnce de la fortune, et Vautre toutes les angoisses du besoin ; plus d'aumônes, plus d'hôpitaux; c'est la vanité sacerdotale qui créa Vaumône.

Le décret du 4 9 mars 4 793, et la loi du 26 juin 4 794 essayèrent de mettre cette théorie en praticpie.

Le territoire de la République fut divisé en 555 districts dont chacun dut ouvrir un livre de /a bienfaisance nationale, divisé en trois titres, Tun relatif aox cultivateurs, le second aux artisans, le troisième anx tnères ou veuves avec enfants ; les inscriptions furent divisées entre ces trois catégories, et leur montant annuel fut évalué à 4,487,833 fr.: il aurait certainement dépassé de beaucoup cette somme si la loi avait pu être mise à exécution. Mais les démagogues de 93 songeaient moins à améliorer le sort des classes laborieuses qu*à en faire les instruments de leur ambition. Les lois de 93 et de 94 furent abrogées deux ans après, et les lois plus sages des 7 octobre 4 796 et 4 mars 4 797 ordonnèrent que les biens non vendus des hospices et des établissements de charité leur seraient remis, et que ceux qui avaient été aliénés seraient placés en domaines nationaux.

Depuis cette époque l'ancien système de bienfaisance a été à peu près remis en vigueur, soit par les règlements consulaires de 1804, soit par les ordonnances des 6 février 1 81 8 et 30 octobre 1 821 , qui règlent les attributions des hospices et des bureaux de bienfaisance.

Mais les idées démagogiques et communistes de 93 ont reparu depuis la révolution de Février, sous la formule du droit au travail et à l'assistance.

Aux yeux des socialistes la charité a fait son temps. 11 ne peut plus s'agir ni de bienfait ni de reconnaissance ; il s'agit d'un droit rigoureux des indigents à une meilleure distribution de la richesse commune. C'est, sous une forme mitigée, la doctrine communiste telle que la prêchait, au cinquième siècle, le persan Mazdack, en ces termes : « Toutes choses tant animées « qu'inanimées appartenant à Dieu, il est impie à un a homme de vouloir s approprier ce qui est à son créait teur, et ce qui, en cette qualité, doit rester à l'usage a de tous... Nous divisons toutes choses également « entre les hommes ; . nous restituons aux pauvres ce « qui leur est dû pour vivre. » Les disciples de cette théorie se montrèrent conséquents. Us livrèrent au pillage, sous la protection du prince, le pays, qui se fit justice par une révolution.

Les anabaptistes du seizième siècle renouvelèrent les mêmes erreurs. « N'avons-nous pas droit, disaient-ils, à l'égalité des biens, qui, de leur nature, sont faits pour être partagés sans distinction entre les hommes? La terre est un héritage commun où nous avons une part quon nous ravit. Quand avons-nous cédé notre part

de l'hérédité paierfielle? Qu'on nous montre le contrat que nous en avons passé.» Ces maximes, prêchées par Munzer, soulevèrent les paysans et tuèrent la liberté des peuples qu'elles prétendaient servir.

Deux siècles plus tard, des novateurs dont les théories découlaient, comme celles de leurs devanciers, des appétits sensuels, de l'ambition, de l'envie, de Torgùeil, des passions, des dérèglements du ccfeur, bien plusqw des écarts de la raison, attaquèrent aussi les bases de Tordre social. Les uns se bornèrent h. la théorie coifame J.-J. Rousseau ; les autres enseignèrent le commanisme appliqué comme Mally et Mordly; d'autres, comme Bahceuf, le traduisirent en institution et lui donnèrent pour sanction les insurrections popukires. L'histoire du terrorisme est celle de ces monstrueux essais.

Les socialistes de notre temps, théoriciens ou démar gogues, quelque diverses, d'ailleurs, que soient les formes de leurs doctrines, tendent tous par une voie plus ou moins directe à la destruction de la propriété et au communisme. Donnez-moi le â^i nu travail, dit M. Proudhon, et je tous cède le droit de propriété, MM. Cabet, Louis Blanc, Pierre Leroux, etc., sont tous pu franchement ou hypocritemeût communistes.

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