INTRODUCTION XVII
Voici, en résumé, quelle était sa situation en France pendant l'année 1900, à la veille de la tempête qui allait tout saccager.
Les quatre Provinces comptaient au total 3.085 religieux, dont 1.664 prêtres, 712 scolastiques et 709 frères coadjuteurs laïques.
Ce personnel était réparti entre 29 collèges, 42 résidences, 3 scolasticats, 5 noviciats, 2 maisons de troisième probation, 6 maisons de retraites fermées. Tous ces établissements se trouvaient en France, sauf quelques-uns dans les pays voisins. Mais, de plus, les Provinces françaises desservaient outre mer 9 Missions, comprenant un personnel de 783 religieux, — plus du quart de l'effectif total, — dont 438 prêtres, 178 scolastiques et 167 frères coadjuteurs. On comptait dans ces différentes Missions, 7 collèges (celui de Beyrouth a le titre d'Université), à ajouter aux 29 de la métropole.
L'histoire de ces nombreuses fondations, d'importance très diverse, présente cependant certains caractères uniformes et constants. Les Jésuites ne viennent pas, comme on voudraitle croire, prendre possession d'établissements bien rentes où rien ne manque. En règle générale, les débuts sont au contraire plus que modestes : la pauvreté, avec son cortège de privations, accueille les arrivants, qui d'ailleurs, assez insouciants des nécessités de la vie matérielle, se mettent immédiatement au travail pour lequel on les a appelés. Prêcher et entendre les confessions, c'est, en dehors des collèges, leur principal, sinon tout à fait leur unique souci. On leur prête une grande habileté, une entente rare des affaires temporelles pour lesquelles ils n'ont ni goût, ni aptitude. En réalité, ils pratiquent la recommandation du Maître (|ui les envoie : Quœrite primum regnum Dei ; et peut-être bien est-ce là pour des ouvriers apostoliques la suprême habileté.
Un autre trait caractéristique de cette histoire, qui vaut d'être signalé, c'est que, partout où ils s'installent, ces
LA COMPAGNIE DE JÉSUS. b