XVIII INTRODUCTION
Jésuites tant détestés ne peuvent bientôt plus suffire à l'empressement de ceux qui réclament leurs services. On leur demande, et souvent on leur impose plus de travail qu'ils ne peuvent convenablement en fournir. Les Supérieurs des résidences, je ne parle pas de ceux des collèges, sont débordés; ils n'ont pas le courage d'opposer un refus aux requêtes trop nombreuses et trop pressantes ; le personnel de leurs maisons n'a pas le temps de respirer ; les remontrances que leur adressent à cet égard les Supérieurs majeurs reviennent fréquemment dans les documents domestiques qui m'ont passé sous les yeux.
Essayons maintenant d'indiquer dans un aperçu sommaire quelle a été l'œuvre des Jésuites français pendant ce siècle.
A part l'administration des paroisses, la Compagnie de Jésus ne s'interdit en principe aucune des fonctions du ministère sacerdotal, ni aucun des moyens par lesquels s'exerce l'apostolat. Au premier rang il faut placer la prédication. L'ouvrier apostolique peut toujours dire, comme saint Paul, qu'il est envoyé pour prêcher : « Non misit me Christas baptizare, sed evangelizare^ . » A ce titre le Jésuite appartient, lui aussi, par vocation, au grand Ordre des Prêcheurs. Au reste, il y a bien des manières d'annoncer la parole de Dieu, depuis l'humble catéchèse jusqu'à celle qu'on est convenu d'appeler la grande prédication. Selon la mesure des dons que Dieu lui a départis, le Jésuite choisit entre ces différentes méthodes. Aucune ne lui est plus recommandée par son Institut que le catéchisme ; la règle lui impose même à cet égard des obligations précises. Les Jésuites français n'ont eu garde de manquer à cette tradition de leur Ordre;