‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 9 sur 358 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

— tristesses qui lui sont communes avec bien d'autres — que s'achève pour la Compagnie de Jésus en France le premier siècle écoulé depuis son rétablissement. Pour célébrer ce jubilé, les voiles de deuil et les hj'uines funèbres lui siéraient mieux, semble-t-il, qu'un appareil de fête. Et pourtant le sentiment qui chez elle domine tous les autres est celui de la reconnaissance ; et elle considère comme un impérieux devoir de rendre grâces à Dieu, qui a daigné se servir d'elle pour accomplir quelque bien, et à tant d'amis qui l'ont aidée dans sa tâche. De fait, à travers des intempéries et des orages périodiques qui auraient dû arrêter sa croissance, le petit rameau de la famille de saint Ignace planté au début du dix-neuvième siècle sur le sol de P'rance y a grandi et porté des fruits qui ont dépassé les espérances les plus audacieuses. On en jugera par l'esquisse que nous mettons sous les yeux de nos lecteurs.

Dès 1836, l'unique Province française de la Compagnie se dédoublait et formait les deux Provinces" de Paris et de Lyon; en 1852, la Province de Toulouse se détachait de celle de Lyon, et quelques années plus tard, la région du Nord formait la Province de Champagne détachée à son tour de celle de Paris (1863).

L'augmentation du personnel et le nombre croissant des établissements rendaient nécessaires ces divisions administratives. Qu'on ne s'imagine pas toutefois que la Compagnie de Jésus se soit étendue ainsi par la seule vertu de son humeur envahissante; jamais elle ne prit pied nulle part sans y avoir été appelée, et la plupart du temps, après des instances plusieurs fois renouvelées. On verra ])ar la suite de cette Histoire combien elle eut à se défendre contre les sollicitations de ceux qui désiraient l'installer chez eux, à commencer par les évêques et les municipalités. C'est certainement par centaines qu'il fautcompter lesfondations qui lui furent offertes au cours du siècle passé et qu'elle ne se trouva pas en état d'accepter.

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