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CHAPITRE III

Quelques années plus tard, le Père Varin rendit des services analogues à une autre Congrégation dans des circonstances assez extraordinaires. C'était sur la fin de 1826. Les Auguslines qui desservaient l'hôpital de Saumur se voyaient obligées, parle mauvais vouloir des administrateurs, d'abandonner un établissement qu'elles occupaient depuis deux siècles. La Supérieure, la INÏère AngèleLetellier, errait, sans appui et sans ressources, en quête d'une demeure et d'un emploi pour une famille qui ne comptait pas moins de trente-deux personnes. Comme elle se trouvait à Paris, elle alla confier son embarras au Père Varin, qui l'accueillit et l'encouragea dès lors avec un paternel intérêt. « Il fut, pour elle, disent les Annales de la communauté, la voix même de Dieu; ses conseils et sa direction la soutinrent dans les heures difficiles de la fondation. » — « Soyez tranquille, lui avait-il dit tout d'abord; tant que vous ne voudrez qu'accomplir la volonté de Dieu, tout ira bien; il saura bien pourvoir à tous vos besoins. » La pieuse fondatrice s'étant mise sous la conduite de l'homme de Dieu ne tarda pas à se sentir pleinement affermie dans la confiance; elle lui rendait plus tard ce témoiguage : « 11 était peu long, mais on sentait que l'Esprit-Saint était là, et en le quittant on ne pouvait que répéter après le saint directeur, ces mots qu'il affectionnait : Que Dieu est bon ! »

Le Père Varin ménagea à la Mère Letellier une audience de Mgr Frayssinous, alors ministre des Affaires ecclésiastiques, puis il l'adressa à l'archevêque de Paris, Mgr de Quélen, qui lui donna avec la plus grande bienveillance l'autorisation de s'établir dans son diocèse. La communauté s'installa d'abord dans la maison même que le Sacré- Cœur avait quittée en 1820 pour se transporter à l'hôtel Biron. Quelques années plus tard, en 1840, elle émigra, rue de la Santé, dans un local mieux en rapport avec le développement de ses œuvres. C'est aujourd'hui le bel établissement des Dames Augustines du Saint Cœur de Marie. Cette appellation, choisie par la fondatrice, n'avait

pas peu contribué à attirer la chaude sympathie du Père Varin. Après Ja fondation du Sacré-Cœur, disait-il, rien ne lui paraissait plus désirable qu'un institut voué au Saint Cœur de Marie. Nous verrons plus tard comment la communauté des Augustines acquitta sa dette de reconnaissance envers le Père Varin et plusieurs de ses frères.

Un des plus anciens et des plus fidèles compagnons du Père Varin, le Père Roger', fut aussi son émule dans la création d'institutions diverses dont la plupart subsistent encore aujourd'hui. Père de la Foi depuis 1795, il avait été envoyé à Lyon, en 1801. Le collège qu'il ouvrit en cette ville, fut, comme nous l'avons dit plus haut, presque immédiatement fermé par l'ordre de Fouché. Mais les congrégations qu'il fonda de 1802 à 1807 pour les jeunes gens, pour les hommes mariés et pour les dames, eurent un sort moins éphémère. Elles ont survécu, plus ou moins transformées pour s'adapter aux circonstances. La Congrégation des Messieurs, toutefois, ne semble pas avoir subi d'altération notable; elle s'est maintenue avec son caractère de simplicité et de force et son inépuisable fécondité pour le bien. Le refuge de Saint-Michel et l'Orphelinat des Dames Trinitaires sont dus également à l'initiative du Père Roger.

Lors de la dispersion des Pères de la Foi en 1808, il rentra dans son diocèse et se consacra tout entier à la restauration du Séminaire de Coutances. Devenu Jésuite dès la première heure (juillet 1814), le Père Roger put donner libre carrière à son zèle industrieux. Les pauvres du faubourg Saint-Marceau furent l'objet de sa sollicitude; en même temps il organisait une association pieuse pour les officiers, sous le nom de Congrégation de Notre-Dame

I. Pierre Roger, né à Coutances, le i4 août i^63, entré dans la Société des Pères delà Foi à Augsbourg, septembre i^gS, admis dans la Compagnie de Jésus le 19 juillet i8i4, profès le i5 août 1824, mourut à Lyon le 1 5 janvier i83g.

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