‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 103 sur 358 · I . Ibid., pp. 6i · texte numérisé non relu

I . Ibid., pp. 6i

naissante avait quelque chose de déconcertant, même pour les âmes attirées à elle par le charme des vertus simples et fortes qui la caractérisaient. Elle ne devait prendre l'essor qu'après la mort de son saint mais trop rigide fondateur. Lui-même en avait le pressentiment : « J'ai toujours eu, disait-il, la pensée que Nazareth ne s'établirait solidement que sur ma tombe. » Au reste l'histoire des Instituts religieux prouve qu'il en fut souvent ainsi. On se tromperait pourtant si l'on se représentait le Père Roger sous les traits d'un Janséniste à l'humeur morose et grondeuse. Rien ne pourrait être plus coutraire à la vérité. Un ecclésiastique, qui l'avait beaucoup connu, résumait ainsi au lendemain de sa mort, l'impression qu'il gardait du vénérable religieux : « Il me semble le voir arriver chez moi, le soir, après une journée de fatigue, se livrant promptement à sa gaieté naturelle; il disait un mot bienveillant pour dilater le cœur, le mettre au large; ensuite il s'asseyait dans son fauteuil, et là me parlait du bon Dieu avec cette foi, cette simplicité, cet amour que je n'ai jamais trouvés dans aucun autre... « Aller droit à Dieu, parle plus court chemin», c'était, sa maxime... Combien de fois l'ai-je vu pleurer en parlant de ce Jésus qu'il aimait tant! Combien de fois suis-je allé me jeter aux pieds de mon crucifix après avoir causé avec lui ! Puis, quelle sainte liberté pour dire aux grands et aux gens du monde, non la vérité qui flatte, mais celle qui éclaire... Avec son tempérament ardent et actif, le Père Roger n'a pas dû arriver sans effort à cette parfaite affabilité, à cette bonté si égale, si aimable que tout le monde admirait'... »

Comment expliquer qu'un homme de cette trempe se soit opposé obstinément pendant dix-sept ans à l'admission de la musique dans son programme d'éducation des jeunes filles ? La biographie de la Mère liollat nous fournit une réponse à laquelle nous ne trouvons rien à ajouter,

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