CHAPITRE
successivement vicaire-général des diocèses de Gousérans et d'Angouléme et enfin chanoine du Saint-Sépulcre à Paris. Lorsque la paix fut rendue à l'Eglise par le premier Consul, l'abbé Delpuits crut ne pouvoir rien faire qui lui fut plus utile que de reconstituer une de ces congrégations de la Sainte Vierge qu'il avait vues si florissantes autrefois dans les collèges de la Compagnie de Jésus. La première réunion eut lieu le 2 février 1801. Crétineau- Joly et d'autres après lui nomment, parmi les fondateurs de la Congrégation, Mathieu et Eugène de Montmorency; c'est une erreur ; le registre écrit de la main du Père Delpuits ne mentionne leur admission qu'au 21 décembre de cette même année. Les six premiers congréganistes portaient des noms moins sonores ; ils s'appelaient : Régis Buisson, François Régnier, Louis Goudret, Joseph Perdreau, Auguste Périod et Charles Frain de la Villegontier, tous étudiants en Droit ou en Médecine. Leur nombre s'accrut rapidement ; à la fin de l'année ils étaient cinquante-neuf, et trois ans plus tard, près de deux cents. Le Père Delpuits leur avait donné un règlement court et précis : « Pour être admis à porter le nom de Congréganiste, il faut faire profession de la foi catholique, avoir fait sa première communion, jouir d'une réputation intacte sur la probité, les mœurs et l'assiduité aux devoirs du culte catholique, jouir aussi dans son état d'une sorte d'estime que la manière de s'y conduire et les habitudes connues de la vie procurent ordinairement. Il est nécessaire aussi de demander et de désirer son association à la Congrégation... L'esprit de la Congrégation est celui de la charité évangélique ; nous ne devons faire entre
comme un saint par toute la ville de Toulouse. Il se félicite encore d'aroir connu intimement plusieurs autres membres de l'ancienne Compagnie dont les vertus lui avaient laissé un souvenir ineffaçable : le Père Serrane, disciple et biographe du Père Cayron, le Père Antoine de Nolhac,. curé de Saint-Symphorien d'Avignon après la suppression de l'Ordre, et martyr de la Glacière, le Père du Gad, missionnaire de Chine, jeté par Pombal dans les cachots du fort Saint-Julien et délivré par l'intervention de la reine de France, etc.
nous qu'un cœur et qu'une âme, cor uniun et anima un a. »
Quant à l'organisation intérieure, on n'avait qu'à l'emprunter telle quelle aux anciennes congrégations. On se réunissait tous les quinze jours, le dimanche, dans l'appartement du Père Delpuits, au numéro 27 de la rue Saint-Guillaume. Le Directeur entendait les confessions, disait la messe et faisait une homélie. Les Gongréganistes s'entretenaient ensuite fraternellement, et d'ordinaire assistaient à une conférence donnée par l'un d'entre eux. Aux pratiques pieuses ils joignaient l'exercice du zèle et de la charité, visitaient les malades et les pauvres, faisaient des catéchismes ; leur programme pas plus que leur dévouement n'excluait aucune forme de l'apostolat laïque.
Nombre d'œuvres ayant pour objet l'assistance spirituelle ou temporelle du prochain sont nées au sein de la Congrégation. Elles furent comme l'efflorescence naturelle de la sève chrétienne qui l'animait. Toutefois son but propre et immédiat était de soutenir ses adhérents dans l'accomplissement courageux des devoirs de la religion. C'est pourquoi elle conserva toujours son caractère laïque; les dignitaires furent exclusivement choisis parmi les laïques. Par exception seulement les rangs de l'Association s'ouvrirent à des prêtres, à des évèques même, qui sollicitaient l'honneur de faire leur consécration à la Sainte Vierge. Ils appartenaient plutôt à la catégorie des membres honoraires, et n'assistaient point aux réunions. Quant aux jeunes Gongréganistes entrés plus tard dans la cléricature et qui ont servi l'Eglise à tous les degrés de la hiérarchie, y compris Tépiscopat, la liste en est longue. Qu'il suffise de citer la seule ordination de la Trinité, le 2 juin 1822. On y voyait, avec le duc de Rohan et l'abbé Mathieu, qui furent l'un et l'autre archevêques de Besançon, les abbés de Jerphanion, de Salinis, Gerbet, Dupont des Loges, Dupuch, tous devenus évêques, et à côté d'eux les abbés Johannet, Louis de la Roque, de Garnier des Garets, de