‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 110 sur 358 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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rence de conflit. Quand l'abbé Legris-Diival mourut, en 1819, l'archevêque lui donna pour successeur à la Société des Bonnes- Œuvres wa. vicaire-général, Tabbé Desjardins, le même qui, étant curé de la paroisse des Missions étrangères, avait accueilli avec tant de bienveillance la Congrégation de la Sainte Vierge. Les deux groupements continuèrent dans une parfaite harmonie à combiner leurs efforts pour sanctifier leurs membres, l'un par la pratique de la piété, l'autre par celle des œuvres de zèle.

Sans diminuer en rien le mérite de ses prédécesseurs, on peut dire cependant du Père Ronsin qu'il s'est en quelque sorte identifié avec la Congrégation. Les deux noms, invariablement réunis dans les diatribes des libéraux de la Restauration, ont passé ensemble dans la légende.

De fait la belle création du Père Delpuits, si florissante à ses débuts, n'avait pu que végéter depuis le jour où il avait cessé de lui donner ses soins. Ce marasme sans doute était imputable au malheur des temps, et les héritiers du Père Delpuits avaient fait beaucoup en conservant une étincelle de vie dans une organisation qui semblait vouée à une mort inévitable. Les circonstances étaient

On voit par là quel était dans sa pensée le but précis de la Congrégation. A l'abbé Duclaux, alors directeur du Séminaire de Saint-Sulpice, lui conseillant de diriger l'activité de ses enfants vers les bonnes œuvres, il répondait avec sa bonhomie affectueuse: « Non, Père Duclaux, j'ai dit à Charles de Janson et aux autres qui vont avec lui à la Charité, et qui ont tout leur temps à eux, que je les approuvais fort, mais que je ne voulais pas me mettre à la tête de cette œuvre comme directeur de la Congrégation, car, dans ce cas, nos jeunes gens voudraient tous s'y employer avec l'ardeur qui distingue leur âge, et seraient peut-être conduits à négliger leurs études qui, en ce moment, doivent être leur principale occupation. Il en est de même de ceux qui se livrent au commerce et aux arts ; il faut avant tout qu'ils remplissent les devoirs de leur état. » (Cf. La Congrégation, p. 194.)

L'œuvre des Petits Savoyards, fondée avant la Révolution par l'abbé de Pontbriand, dut surtout à l'abbé de Salignac-Fénelon son développement et sa prospérité. Ce saint prêtre périt sur l'échafaud, le 7 juillet i'594. L'œuvre fut reprise par l'abbé Legris-Duval ; elle s'est perpétuée presque jusqu'à la fin du siècle dernier soit à Paris, soit en d'auti-es villes, sous le nom à'OEuvre des Ramoneurs. C'étaient généralement des membres des Conférences de Saint- Vincent de Paul qui s'en occupaient.

plus favorables quand le Père Ronsin prit en main les destinées de la Congrégation; elle eût prospéré peut-être sous une autre direction qu^ la sienner. Toujours est-il que, à partir du jour où il fut à sa tète, elle parut ressusciter avec une vigueur qui ne se ralentit point pendant près de quatorze ans; lui parti, la Congrégation s'achemina rapidement vers son déclin. Avant la fin de 1814, elle comptait 23 nouvelles recrues ; pendant les années qui suivirent, ce chiffre dépassa plusieurs fois 80, monta une fois jusqu'à 98, et ne fut qu'une seule fois inférieur à 60, Le total des admissions s'élevait en 1813 à 400; en 1828, il était de 1349. Le Père Delpuits avait, en vertu des pouvoirs qu'il tenait du Souverain Pontife, affilié sept réunions de province ; quand le Père Ronsin dut se retirer, on comptait 60 affiliations régulièrement inscrites sur les registres. Charles Lacretelle raconte à sa manière l'impulsion donnée à la Congrégation dès l'avènement du Père Ronsin : « Il existait depuis plus de dix ans une vaste et puissante société qui attendait les Jésuites pour chefs spirituels et surtout pour ch«fs politiques. La Congrégation recueillit l'héritage des sociétés secrètes royalistes, sanctifiant leurs pensées turbulentes. Son trésor était assuré par les largesses de la piété opulente et par les dons, plus abondants encore, que suggère un esprit de parti vivement allumé. Le Père Ronsin fut nommé supérieur de la Congrégation; tout fut placé sous l'invocation de saint Ignace de Loyola. Le club dévot eut ses sociétés affiliées, ses correspondances ; on eût dit le club des Jacobins. A Paris, la maison des Missions étrangèreSy rendue aux Jésuites sous le nom de Pères de la Foi, était le principal point de ralliement pour les exercices dévots et les conférences politiques, etc...^ »

I. Histoire de France depuis la Restauration, t. III, p. i36. Le trait final donne la mesure de l'exactitude des informations de l'historien universitaire. A aucune époque, ni sous le nom de Pères de la Foi, ni sous aucun autre nom, les Jésuites n'ont possédé, îii occupé la maison des Missions étrangères ; elle ne leur a été ni vendue, ni donnée, ni rendue.

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