‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 112 sur 358 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

au recrutement. La première admission faite par le Père Ronsin comprenait, avec le duc Jules de Polignac, un fabricant de bronze, un petit employé de commerce et un dentiste. Ce dernier s'appelait Eugène Peltier. Sa vertu le fit choisir quelques années plus tard pour dignitaire de la Congrégation. Il mourut très jeune encore, et l'éloge de cet enfant du peuple remplit plusieurs pages dans les Annales manuscrites, entre la notice du comte Loménie de Brienne et celle du marquis de Choiseul.

Le grand souci du Père Ronsin était, non pas de procurer à ses Congréganistes les moyens de se pousser aux places honorables et lucratives, mais de les habituer à se montrer en toute occasion chrétiens sans peur et sans reproche. La pratique religieuse était alors presque complètement abolie chez les hommes du monde. Les membres de la Congrégation furent des premiers à affronter le respect humain et à remonter le courant d'indifférence qui avait envahi la société. Le Directeur leur faisait envisager comme un devoir professionnel de donner l'exemple et de payer de leur personne, du moment qu'il s'agissait d'une manifestation publique de foi ou de piété. Contentons-nous de citer un fait. Le 26 mai 18J9, eut lieu, avec une pompe extraordinaire, la translation des reliques de saint Denis, demeurées sans honneur depuis les mauvais jours de la Révolution dans un local quelconque de l'ancienne abbaye voisine de la basilique. A la réunion précédente de la Congrégation le Père Ronsin avait exhorté les assistants à prendre part à la solennité en s'approchant des sacrements. Au jour fixé, bien que la cérémonie, commencée tard, se fût prolongée bien au delà du milieu du jour, on vit au moment de la communion, une centaine de jeunes hommes s'avancer dans le sanctuaire et s'agenouiller à la table sainte. Un spectacle si peu attendu attira tous les regards et causa une émotion profonde dans l'immense assemblée'.

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