CHAPITRE III
Livres, déjà inaugurée en province, mais introduite à Paris en 1814 et dotée d'une puissante organisation par le duc Mathieu de Montmorency. Avant la fin de la première année elle avait recueilli l'approbation de plusieurs évéques et comptait 8.000 souscripteurs. En moins de quatre ans, elle avait distribué près d'un million de volumes. « C'est par les livres que la société a été gâtée, disait le prospectus; c'est par les livres qu'il faut la guérir. »
Signalons enfin ce qu'on pourrait appeler l'alliance de la Congrégation avec la grande œuvre des Missions à l'intérieur. Il est certain que Congrégations et Missions furent invariablement associées dans les diatribes de la presse libérale; c'est un argument qui suffirait à défaut d'autre à prouver leur solidarité. De fait, partout où elle existait antérieurement, la Congrégation fut pour les missionnaires un point d'appui et un adjuvant précieux; et réciproquement la plupart du temps la Mission avait, comme nous l'avons dit plus haut, pour corollaire l'établissement d'une Congrégation. « Le bien qu'ont fait les Missions, les Congréganistes le conservent » ; cette parole d'un illustre écrivain, les témoignages du clergé sont unanimes à la confirmer. Mgr Philibert de Bruillard écrivait, à l'occasion de la mort du Père Rauzan, en 1847, trente ans après la Mission qui remua si profondément toute la ville de Grenoble : « Je maintiens avec soin la Congrégation qui fut alors établie et qui continue aujourd'hui, par sa prospérité, à rappeler le souvenir de cette consolante époque. » On ne saurait oublier d'ailleurs que l'un des fondateurs de la Société des Missions de France, Charles de Forbin-Janson, était un Congréganiste de la première heure, fils spirituel du Père Delpuits qui l'avait admis dès 1805 et avait cultivé en son âme ardente le germe de la vocation apostolique.
11 nous reste à dire un mot du lien qui unissait entre elles les Congrégations créées sur tous les points du territoire. Quand le Père Delpuits reçut du Pape les pouvoirs nécessaires à l'érection canonique d'une Congrégation de
la Sainte Vierge, il était seul en France à les avoir. Il était en outre autorisé à communiquer les faveurs spirituelles de sa Congrégation à celles qui lui seraient adiliées authentiquement. Déjà celle de Lyon, établie par le Père Roger, avait contracté avec la Congrégation de Paris une union de prières et de mérites ; celles de Bordeaux et de Langres avaient demandé à conclure un pacte semblable; ce n'était pas encore l'agrégation canonique avec ses conséquences. Le Père Delpuils eut la consolation de l'accorder à sept associations de province'. Beaucoup d'autres la demandèrent et l'obtinrent pendant la période de direction du Père Ronsin. Les archives de la Congrégation conservent l'acte authentique de soixante affiliations. Les associalions locales ainsi agrégées ne perdaient rien de leur autonomie ; on s'engageait seulement à pratiquer le règlement commun; on priait les uns pour les autres, et, à l'occasion, les Congréganistes se faisaient un devoir de rendre à leurs confrères étrangers tous les services d'une charité délicate et attentive. La lettre qu'on va lire fait bien connaître le genre de relations que la Congrégation établissait entre tous ses membres. Elle fut adressée en 1814 aux associés de Paris.
« Messieurs,
« Les membres de la Congrégation de Lyon ont conservé un précieux souvenir de l'union vraiment fraternelle qui a existé entre votre société et la leur. Des circonstances extraordinaires ont pu seules interrompre des rapports que la religion avait formés et que l'amitié chrétienne avait cimentés. Il a fallu que ces circonstances fussent bien impérieuses pour forcer la Congrégation de Lyon à se priver des ressources que celle de Paris offrait à ceux de ses membres que leurs affaires appellent dans cette ville, où votre charité bienveillante les mettait à l'abri de tant de dangers et leur procurait tant de consolations. Mais,
j. C'étaient, par ordre de temps, Lyon, "Bordeaux, Langres, Toulouse, Grenoble, Nantes (21 octobre 1806) etE=ennes (2'; mars li