I. Grivel à Brzozowski, 3i octobre
moins serrés et ses vivacités ont diminué notablement. Il en a eu cependant depuis un an, qui m'ont affligé... Mais, ce qui est bien extraordinaire, c'est qu'il ne s'en aperçoit nullement et ne s'en doute même pas. J'en ai des preuves convaincantes... Et après cela, nous sommes tous obligés de convenir que c'est un homme d'oraison, un homme de Dieu, et tout en le craignant, nous le respectons comme un saint. » (26 août 1817.)
11 n'est ni déplaisant ni malédifiant de retrouver l'homme dans le saint. On le retrouvait assurément dans le Père de Glorivière; Fimperfection de la nature se trahissait en lui jusque par un bégaiement qui, dans la première période de sa vie religieuse, semblait devoir le paralyser, et qu'il ne parvint jamais à conjurer complètement, bien qu'il y parût à peine quand il parlait en public. Mais il n'en avait pas moins aux yeux de ses disciples et de ses frères le prestige qui s'attache à la vertu des saints. Nous avons à cet égard le témoignage d'un malheureux transfuge dont le nom reviendra dans cette Histoire, et qui, dans une intention de dénigrement, raconte ce qu'il a vu pendant son séjour au noviciat : « Les Jésuites le vénèrent (le Père de Glorivière) comme un saint; et Ton assure qu'il a opéré des miracles qui le feront canoniser après sa mort^ »
Sans prétendre aucunement examiner si le Père de Glorivière avait reçu le don des miracles, on peut du moins affirmer que Dieu lui accorda souvent une clairvoyance singulière pour la direction des âmes. Nous citerons seulement à ce propos l'histoire du célèbre curé de Notre-Dame des Victoires, le fondateur de l'Archiconfrérie du Très saint et immaculé Cœur de Marie. « Le 7 septembre 1815, Tabbé Dufriche des Genettes, alors jeune vicaire d'Argentan, se présentait au Père de Glorivière et lui demandait de l'admettre au noviciat. Le Père l'écouta avec bonté, mais ne voulut rien décider. Il répondit au candi-
I. Martial Marcel de la Roche-Arnaud. (Vie du Père de Glorivière, p. 704.)