CHAPITRE IV
travaux manuels, très peu de temps libre, et jamais plus d'une demi-heure à la fois. Tout est calculé en vue de briser ou plutôt d'assouplir la volonté. Hormis des cas tout à fait exceptionnels, aucune étude littéraire ou scientifique; seulement quelques exercices de prononciation, de lecture publique, d'écriture, d'orthographe, de prosodie latine, choses « qu'il n'y a pas grand mérite à savoir, mais qu'il est très fâcheux d'ignorer ». Il n'y a pas à craindre d'ailleurs qu'on y trouve une distraction à la formation de l'homme intérieur, objet essentiel du noviciat.
Dans les premières années, la rigueur de la discipline paraît avoir été poussée en toutes choses à la limite extrême; quelques tempéraments durent y être apportés par la suite. En l'année 1824, le Père Gury note que « pour la première fois, et d'après la disposition du Révérend Père Provincial, il y eut des vacances au noviciat. Elles commencèrent le 1*"^ août et durèrent jusqu'à l'Assomption ». Du reste rien de bien extraordinaire pendant cette quinzaine de relâche. Le règlement ne chôme qu'en partie. « Chaque jour la promenade du matin est libre, excepté les jours de pèlerinage...; on continue d'aller faire le catéchisme dans les paroisses et à Bicêtre. On fit deux pèlerinages, l'un au Mont-Valérien et l'autre à Montmartre, berceau de la Compagnie'... »
On se préoccupe par-dessus tout à Montrouge d'inculquer aux jeunes religieux une spiritualité simple et pratique. C'est surtout en matière de dévotions que l'on se met en garde contre les nouveautés et les raftinements que la tradition n'autorise pas. Le vénéré Père de Clorivière avait introduit dans l'usage de la communauté certaines pratiques ignorées des anciens : visites à la Sainte Vierge imitées des visites au Saint-Sacrement, amende honorable quotidienne au Sacré-Cœur, etc. Touten laissant à chacun assez, de latitude pour satisfaire ses attraits pieux,