CHAPITRE IV
C'est l'objet des préoccupations du rédacteur des Mémoires. Homme de la vieille roche, dur à lui-même et ne comprenant pas qu'on se ménage, le Père Gury s'inquiète et se scandalise presque de l'afl'aiblissement général des santés parmi la génération nouvelle. Son confident et son conseiller habituel, le Père Rozaven, le tranquillise de son mieux. Le mal ne sévit pas à Montrouge seulement; tout le monde s'en plaint, et il en hasarde une explication qui ne manque pas de saveur :
« Les plaintes que vous faites sur la santé de vos novices, on les fait partout sur les jeunes gens. 11 serait digne de l'attention des médecine, ce phénomène extraordinaire. Ils devraient rechercher les causes qui ont produit cet effet universel ; ce doit être une cause générale. Pour moi, dans ma petite sagesse, je l'attribue à la vaccine. La petite vérole, il est vrai, enlevait beaucoup d'enfants, mais ceux qui résistaient avaient un tempérament plus robuste. Aujourd'hui tout le monde est vacciné, et il est rare de trouver un jeune homme bien constitué. Gomment la vaccine produit-elle cet effet, c'est ce que je ne saurais dire ; mais il me paraît qu'elle ne détruit pas tous les germes de maladie que la petite vérole faisait sortir du corps humain. Pardon, si je dis une sottise; je n'entends rien à la médecine. Mais il faut bien, après tout, que le triste effet que nous déplorons ait une cause, et de plus habiles que moi n'en assignent peut-être pas une plus raisonnable ^ » (28 septembre 1824.)