‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 136 sur 358 · I. Archives de la Prov. de Lyon, XXI, p. i · texte numérisé non relu

I. Archives de la Prov. de Lyon, XXI, p. i

La petite consultation du Père Rozaven ouvre la voie à des considérations familières aux moralistes comme aux démographes. II est certain que, dans les populations où la mortalité est élevée, surtout parmi la jeunesse, les survivants ont chance d'être robustes ; c'est parce qu'ils étaient mieux constitués qu'ils ont résisté aux influences morbides auxquelles les autres ont succombé. On s'étonne de rencontrer chez les Arabes d'Algérie des types remarquables de vigueur et de beauté, qui se sont développés dans des conditions déplorables d'hygiène. On oublie l'effroyable tribut payé à la mort par les enfants en bas âge; les plus forts sujets, ceux qui sont mieux armés pour la vie, seuls lui échappent. La sélection se fait d'elle-même. De ce point de vue on peut dire que le

Si le noviciat de Montrouge fut bien vite insuffisant, au point que, dès 1824, il fallut en ouvrir un autre, ce n'est pas qu'on y reçût indistinctement tout ce qui se présentait. Par tempérament le Père Gury était plutôt porté à la sévérité. Peu empressé à accueillir ceux qui demandaient à entrer, il ouvrait sans difficulté la porte à qui voulait sortir; et il n'hésitait pas, quand il le fallait, à prendre l'initiative du renvoi. Bien loin de l'en blâmer, le Père Simpson l'encourageait à rechercher moins la quantité que la qualité. « Je ne puis, lui écrivait-il, qu'approuver tout ce que vous avez fait pour les novices que vous avez renvoyés... » (13 juillet 1819.)

Le Père Gury a lui-même dressé le bilan des entrées et des sorties au noviciat de Montrouge pendant les dix années de son existence, 11 y avait reçu 316 novices scolastiques, dont 54 déjà prêtres ; 34 étaient sortis spontanément, 82 avaient été congédiés ; d'autre part sur 136 entrés comme frères coadjuteurs, on en avait congédié 54. Le Père Gury ajoute : « Presque tous ceux qui ont été renvoyés étaient d'une conduite très régulière ; mais les uns n'avaient pas les forces physiques, les autres pas les talents nécessaires ; d'autres étaient rappelés par leurs parents, d'autres n'avaient pas la marque d'une vraie vocation. »

progrès qui sauve les chétifs, les mal Aenus, les moins bons, est une cause de dépérissement pour la race. Il fait baisser la moyenne. La vaccine a peut-être ce tort. Tout de même il ne faudrait pas trop presser la théorie.

On a assigné une autre cause pluseflicace de l'affaiblissement général des tempéraments dans les générations qui arrivèrent à l'âge d'homme à partir de iSuo, Il est clair que les interminables guerres de la Révolution et de l'Empire, les hécatombes d'hommes et les maladies qui en furent la suite, appauvrirent singulièrement le sang franvais... Et au surplus, les doléances des gens avancés en âge sur le dépérissement physique et moral de la race sont de tous les temps; c'est un lieu commun exploité par les poètes : /£'tas parentum pejor a^is... etc. Il faut y voir plutôt un état d'âme que l'expression d'une réalité oiîjective.

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