‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 14 sur 358 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

remplir ce délicat et important ministère; c'était, on le comprend, le petit nombre qui osait en assumer la charge. Quelques noms se présentent ici d'eux-mêmes. C'est d'abord ce vénérable Père Charles Gloriot, qui en un temps où les retraites pastorales étaient rares, parvint à en donner plus de cinquante; c'est ensuite le Père Maxime de Bussyqui, de 1835 à 1853, n'en prêcha pas moins de cent dix; c'est enfin le Père Pierre Chaignon qui, avec une moyenne annuelle de neuf à dix retraites pastorales, dépassa, après un apostolat ininterrompu de trente-trois ans, la troisième centaine.

Plus encore que le clergé séculier, les communautés religieuses d'hommes et de femmes ont fait appel aux Pères de la Compagnie de Jésus dans leurs retraites annuelles. Parfois ce sont des Congrégations à gouvernement central qui réunissent par centaines les retraitants ou retraitantes à la maison-mère. Plus ordinairement ce sont des couvents, des maisons d'œuvres, avec leur personnel plus ou moins nombreux. 11 y en a de toute sorte, et, si l'on peut dire, pour tous les goûts et pour tous les talents. Tous les Jésuites y trouveront l'emploi de leurs forces et de leur zèle. Pour ceux mêmes qui ont peiné toute l'année dans les différentes charges de l'enseignement, ce sera un délassement, pendant les mois de vacances, de donner quelques retraites de communauté.

Du clergé et des Congrégations religieuses, l'usage des retraites s'est heureusement communiqué de proche en proche à tous les groupements de fidèles. Il y a des retraites pour les paroisses, pour les pieuses confréries, pour les grands et petits séminaires, pour les collèges, pour les pensionnats, pour les enfants de la première communion, etc. Après ce que nous avons dit plus haut, on ne s'étonnera pas que les Jésuites aient poussé de toute leur énergie dans cette direction et qu'une bonne part de leur activité se soit dépensée à prêcher ou du moins à donner des retraites. Ils pourraient dire, sans forcer la note, qu'ils sont faits pour cela : In hoc positi sumiis. Dès avant 1840,

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