‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 15 sur 358 · INTRODUCTION XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIII

alors que la Compagnie de Jésus en France ne comptait guère plus de 250 prêtres, le catalogue annuel de leurs œuvres ne mentionne pas moins d'un millierde retraites publiques. On verra par la suite de cette Histoire qu'il leur arrivait de prêcher les Exercices spirituels dans les hôpitaux, dans les prisons et, chose plus extraordinaire, dans les lycées, qui alors s'appelaient collèges royaux. Que les temps sont changés !

Outre les retraites données au dehors, dans des conditions plus ou moins favorables et indépendantes de leur volonté, les Jésuites se sont toujours fait une obligation de recevoir dans leurs résidences les ecclésiastiques ou les laïques qui voudraient s'y enfermer pour passer quelques jours dans la solitude, uniquement occupés du soin de leur âme. Dès le début du siècle la fameuse maison de Montrouge reçut un grand nombre de retraitants venus de tous les points de la France ; plus lard la maison de la rue des Postes fut pendant des années maison de retraites, domus exercitiorum. De même la maison de Fourvière. Je n'ai point à faire connaître ici quelle heureuse extension a été donnée dans la dernière partie de ce siècle à l'œuvre des retraites fermées. On peut dire en toute vérité qu'elles « entrent dans nos mœurs ». Et il faut en bénir Dieu; car il y a là une espérance de résurrection pour la France chrétienne.

Avec la prédication en tout genre et les Exercices spirituels sous toutes les formes, le ministère de la confession est assurément un de ceux auxquels les Jésuites paraissent se consacrer de préférence. On le leur a assez reproché; les uns y voient le principal instrument dont l'Ordre de Loyola se sert pour imposer sa domination et asservir le monde; d'autres, sans leur prêter des vues aussi perverses, ne seraient pas éloignés de croire que les Jésuites emploient volontiers la confession comme moyen

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