XXIV INTRODUCTION
d'étendre leur influence et de gagner la faveur des personnes qui peuvent leur être utiles. Que les Jésuites soient particulièrement assidus au confessionnal, c'est un grief dont ils ne songent pas à se défendre. De toutes les fonctions sacerdotales, l'administration du sacrement de pénitance est à certains égards la plus pénible et, sans aucun doute, celle qui demande le plus d'oubli de soi-même. Les Jésuites s'y dévouent d'une manière spéciale, parce que rien ne répond mieux à la fin de leur Institut qui est, « non seulement de travailler à son propre salut, mais de s'employer de toutes ses forces au salut et à la perfection du prochain ».
De fait, sur vingt-huit Règles spéciales aux Prêtres, il y en a vingt qui regardent le ministère de la confession. Et il ne s'agit pas d'instructions pour des manœuvres ténébreuses; rien dans ces règles qui ressemble à des monita sécréta. Ce qu'elles prescrivent aux Jésuites pourrait être recommandé très utilement à tous les confesseurs. C'est, par exemple, d'être très affectionnés à une occupation aussi obscure, mais aussi salutaire; de se rendre avec empressement, cum alacritate, au confessionnal, quand ils y sont appelés; d'avoir soin, quand il y a beaucoup de monde à entendre, d'expédier les autres affaires, etc.. Les Jésuites étaient en notre pays plus qu'ailleurs tenus à cette tradition de leur Ordre; lorsqu'il fut rétabli, l'usage des sacrements était presque aboli en France; à l'indifférence religieuse des populations s'ajoutait la pénurie de prêtres et, chez les meilleurs, le vieux levain janséniste, qui rendait la confession presque inabordable. Les Jésuites, eux, confessaient beaucoup ; dans toutes leurs maisons, tant qu'ils jouirent d'un peu de liberté, il y avait des confesseurs toujours prêts à recevoir quiconque se présentait ; presque partout on y trouvait un ou plusieurs de ces a patients plus puissants que les forts ' » qui passaient littéralement leur vie au confessionnal. Toujours aussi on