Archiv, Prov. Paris. (Notes du Père de Guilhermy
qui sont Français ou qui savent le français fussent attribués à la Province de France; mais sachant que le Provincial d'Italie formule le même désir, à cause de la Savoie et de la Ligurie, il ne veut pas aller à Tencontre, et il ajoute : « Il ne serait pas juste que nous fussions dans l'abondance et lui dans la disette ^ »
De fait, 38 des exilés atteints par l'ukase du 13 mars prirent le chemin de notre pays et furent définitivement incorporés à la Province de France. Sur ce nombre 18 étaient Français, 17 Polonais et 3 Allemands 2. Des 18 Français 14 étaient prêtres et presque tous dans la force de l'âge; quelques-uns étaient des hommes de haute valeur, et le temps n'a point effacé leur souvenir. Citons seulementles noms de Balandret, Coince, Jourdan, Richardot...
L'arrivée de si utiles auxiliaires fut la dernière joie du Père Simpson. Le Père Grandidier, mort Assistant de France, a raconté quelques circonstances de la fin de ce vénérable religieux, qui onl, semble-t-il, leur place dans cette Histoire. Malgré l'allure quelque peu dramatique du récit, nous n'avons pas lieu de douter de son exactitude. Le Père Grandidier n'était pas homme à chercher un effet aux dépens de la vérité historique. Il avait vécu douze ans avec le Père Guidée dont il se fit le biographe, et on peut assurer que c'est de la bouche du Père Guidée lui-même qu'il tenait ce qu'il raconte ici :
« Au mois de mai 1820, le Père Simpson faisant à Saint- Acheul la visite provinciale, y tomba gravement malade. Sentant que sa dernière heure approchait, il manda auprès de lui le préfet des classes qui accourut aussitôt. Le Père Simpson, homme d'une foi profonde et d'une gravité extraordinaire, donnait comme naturellement à ses paroles et à ses actes un air de solennité religieuse. Quand le
I. Iniquuin esset nos abundare, illum autem penuriam pati. Ibid.
a. On en trouvera la liste dans les Catalogues publiés par le Père Alex. Vivier : Catalogi 1819-1827 nunc primiim typis mandati (i8g4)> p. 33. Les noms polonais y figurent avec leur traduction ou leur forme française, par exemple, Bucacinski = Chevalier, Galicz = Galicet, etc.