‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 155 sur 358 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Béard et Jaffré, On leur adjoignit le F. Legrand, scolastique. Us partirent, les six, vers le commencement de février et arrivèrent heureusement à Rome sur la fin du même mois... La petite colonie fut reçue à bras ouverts au noviciat de Saint-André... Le temps de leur noviciat fini, tous firent leurs vœux aux pieds de saint Stanislas ^ et passèrent ensuite au Collège romain pour y faire pendant quatre ans leur cours de théologie 2. » Ils y furent rejoints par quatre autres jeunes scolastiques français que le Père Ricliardot envoya à Rome sur la fin de 1823, pour répondre à un autre désir du Père Général. De ce nombre était le Père Louis Maillard, déjà prêtre, que nous retrouverons au cours de cette Histoire^.

Toutefois ceux qui allaient puiser aux sources romaines la science théologique ne pouvaient être que l'exception. Le Père Provincial considérait comme un des premiers devoirs de sa charge d'organiser les études dans sa Province même; de toutes les parties de sa tâche aucune n'était plus ardue; le Père Simpson en avait fait, comme nous l'avons vu, sans grand succès, l'objet de ses efforts. Au début de son administration le Père Richardot trouva un pauvre cours de théologie installé à la maison de la rue des Postes; il comprenait cinq étudiants sous la direction de deux professeurs, les PP. François Renault et Philippe Delvaux. Ce fut le premier scolasticat delà nouvelle Compagnie en France. Dès l'année suivante, les théologiens au nombre de quinze, trop à l'étroit dans la

1. Le noviciat de Saint- André, en face du palais du Quirinal, est aujourd'hui affecté au service des écuries de la Cour. On y voit encore la chambre, transformée en oratoire, où mourut l'angélique Stanislas Kostka.

2. Le Père Gury commet ici une légère erreur. Ses jeunes disciples, leur noviciat achevé, se rendirent non pas au Collège romain, lequel ne fut rendu à la Compagnie par Léon XII qu'en iSa^, mais au Studium romanum, installé dans une partie de la maison professe du Gesù.

3. « Signilicavit mihi Sua Paternitas gratuin sibi fore si selectos in Galliasocios Romam mitterem pro discenda theologia. Mitto igitur quatuor : P. Ludovicum Maillard, P. Franciscuiii Gravier, P. Aloisium <leRobiano, F. Leonardum Loumcau. » (Ricliardot à Fortis, i4 oct.1823.)

maison de Paris, étaient transférés à Saint-Acheul; le Père Jean-Pierre Martin y commençait un enseignement qui devait durer de longues années et qui ne fut pas sans éclat; l'année d'après on ne comptait pas moins de vingttrois étudiants en théologie ; enfin en 1824, on se vit obligé de les répartir en deux escouades; le grand cours avec treize étudiants revint à Paris ; le petit cours, qui en réunissait onze, demeura à Saint-Acheul. En même temps quelques scolastiques plus jeunes assistaient aux classes de Philosophie et de sciences.

Ceux qui manifestaient des aptitudes spéciales pour les études mathématiques et scientifiques étaient ensuite envoyés à Paris. Le cours créé à leur intention fut ouvert dès 1821, sous la direction du Père Etienne Dumouchel, appelé peu après à diriger l'Observatoire du Collège romain. Les étudiants assistaient aux leçons delà Sorbonne et du Collège de France.

Le Père Richardot eut encore le mérite d'organiser la troisième probation. « Sur la fin de 1822, disent les Mémoires^ il se rendit à Montrouge pour conférer avec le Père Gury et ses autres consulteurs sur cette importante affaire '. » Le troisième an se fit en effet à Montrouge pour la première fois d'une manière à peu près régulière, à partir du 1®' janvier 1823. Sept Pères en suivirent les exercices sous la direction du Père Gury, secondé par le Père Barat. Sur ce nombre, il y avait trois recteurs, les PP. Loriquet, Debrosse et Béquet, que le Père Provincial n'hésita pas à arracher au gouvernement de leurs collèges pour les renvoyer au noviciat, conformément aux prescriptions de l'Institut. Sept autres leur succédèrent à la rentrée suivante, et le Père Richardot pouvait écrire au Père Général : « Cette fois le troisième an se fait ad apicem. » (10 novembre 1823.)

Ainsi se complétait ce que l'on pourrait appeler l'outillage normal de la Province de France. Ce résultat n'avait

1, Mémoires de Montrouge, p. 221.

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