I. Melior est patiens viro forti. Prov., xvi
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était sur de rencontrer chez lui quelque Jésuite de l'espèce sédentaire, un invalide ou un vieillard, ne sortant plus de sa chambre et heureux de remplir le seul ministère qui lui fût encore permis. Et cela était un attrait pour quantité d'hommes qui veulent bien se confesser, mais qui n'aiment pas à avoir des spectateurs quand ils vont à confesse.
Ce qui vient d'être dit suffira, sans qu'il soit besoin de recourir à la morale relâchée, pour expliquer que les Jésuites jouissent d'une certaine « vogue » comme confesseurs. Après cela, les malveillants leur reprocheront de recruterleur clientèle seulement dans la haute société, celle précisément où la mode est toute-puissante; ceux qui les ont vus à l'œuvre savent qu'ils ne refusent leur ministère à personne. Tout compte fait, chez eux comme ailleurs sans doute, les confessions des petites gens sont de beaucoup plus nombreuses que celles des hommes et des femmes du monde.
On entend dire et répéter que la Compagnie de Jésus réserve son apostolat, ou tout au moins ses préférences, pour les hautes classes de la société. De tous les préjugés qui ont cours contre les Jésuites il n'en est pas de plus répandu ni de plus tenace ; on pourrait répondre qu'il n'en est pas de plus contraire à la vérité. L'inventaire des congrégations fondées ou dirigées par eux au cours de ce siècle en fournirait la preuve irrécusable. Les congrégations sont un des instruments que la Compagnie de Jésus emploie d'ordinaire pour affermir, développer et perpétuer l'œuvre commencée dans les Missions et les retraites spirituelles. Elles s'appuient sur une double loi de psychologie élémentaire : c'est d'abord que, pour la pratique du bien, comme pour toute autre chose, l'association multiplie les forces de chacun ; c'est ensuite que l'on ne s'associe volontiers qu'entre semblables, semblables par l'âge, par la profession, par la condition sociale. Eclairés en cela par la tradition de leur Ordre, les Jésuites ont