CHAPITRE V
Vincennes, à Metz, à Besançon, au Mans, à Toulouse, etc. Puis des retraites aux prêtres, aux communautés, aux enfants des collèges, et à ceux des villes réunis au nombre de mille à quinze cents. Le chiffre des grandes prédications aurait été approximativement de deux mille six cents.
On ne saurait s'étonner qu'un tel apostolat ait suscité des contradictions et parfois des récriminations violentes. On sait quelles diatribes la presse libérale déversa sur l'œuvre des Missions et souvent sur la personne des missionnaires; le Père Guyon ne pouvait manquer d'en recueillir sa part; elle fut en proportion de sa valeur.
On ne saurait s'étonner non plus qu'il donnât parfois sujet de plainte à ceux qui partageaient ses travaux; nous en trouvons l'écho dans nos papiers de famille. Une aussi puissante personnalité devait fatalement être quelque peu absorbante; un rôle secondaire ne pouvait lui convenir; malgré lui il s'imposait à ses collaborateurs ou même les effaçait; il était le premier à en soufïVir. Aussi, disait le Père Varin, « il ne réussit jamais mieux que quand il est seul, ou quand il peut tout mener à son gré «. Mais à l'ouvrier qui abat tant de besogne, il faut bien pardonner de prendre sur le chantier plus de place que les autres. Au surplus l'intrépide missionnaire poursuivait généreusement la lutte contre des défauts de nature qu'on pourrait appeler les défauts de ses qualités. Le Père Varin, alors son Supérieur, lui rendait ce témoignage : « Je conviens, avec bien d'autres, qu'il a besoin de s'avancer dans l'humilité et le renoncement à lui-même ; mais je dois dire aussi qu'il a bonne volonté et qu'il y travaille \ »
Le Père Guyon n'était pourtant pas le prédicateur le plus en vue, ou du moins le plus estimé de la jeune Province de France sous la Restauration. Dans un genre différent, le Père de Mac-Garlhy conquit une réputation