I. Au Père Général Louis Fortis, 29 juin
non moins éclatante et plus durable ^ Il appartenait à une famille irlandaise, établie à Toulouse peu d'années avant la Révolution. Ordonné prêtre en 1814, l'abbé de Mac-Gartlw était déjà connn et avait refusé l'évêché de Montauban, quand il entra dans la Compagnie de Jésus, à l'âge de quarante-neuf ans, le 7 février 1818. Il fut l'un des premiers novices de Montrouge. Les Mémoires racontent qu'il faisait l'admiration de tous, plus encore par sa modestie et l'amabilité d« son caractère que par son talent de parole. Dès l'année suivante, il prêchait la station de l'Avent à la Cour. Il y reparut pour le Carême et le jubilé en 1826. Pendant quinze ans, il occupa les plus grandes chaires de France, avec un succès qui ne se démentit point. « La cathédrale de Nîmes, lisons-nous dans une relation de 1823, n'avait jamais vu un auditoire aussi imposant que depuis les prédications de M. l'abbé de Mac-Carthy... Le sanctuaire, les tribunes, les lieux les plus éloignés de la chaire sont remplis bien avant l'heure... L'orateur a excité une sorte d'enthousiasme... ; on le compare aux Chrysostome et aux Ambroise^. »
Quand Mgr Frayssinous, nommé Grand-Maître de l'Université, dut abandonner les Conférences de Saint-Sulpice, le Père de Mac-Carthy était unanimement désigné par l'opinion pour lui succéder; nous ne savons si cette charge lui fut réellement offerte, mais elle ne devait être reprise que douze ans plus tard par Lacordaire.
Les sermons du Père de Mac-Carthy publiés après sa mort ne donnent pas une idée exacte de sa manière et de ses qualités oratoires. Ce sont en effet des pièces bien construites, suivant toutes les règles d'une rhétorique formaliste, dans une langue correcte mais froide, sans envolées d'imagination ni élans pathétiques. On dirait volontiers que c'est de l'éloquence selon la formule, peu vivante et point du tout personnelle. Or, nous savons que
I. Nicolas Tuite de Mac-Carthy, né à Dublin le 21 mai 176g, admis au noviciat le 'j février 1818, mort à Annecy, le 3 mai i833. a. L'Ami delà religion, 1828, tome XXXV, p. i85.