CHAPITRE V
le genre du Père de Mac-Garthy était tout autre, plein de spontanéité et de clialeur. Il parlait plutôt d'inspiration, incapable, écrivait-il lui-même, de se préparer tant soit peu de temps à l'avance. Ce fut uniquement par déférence pour les désirs de ses premiers supérieurs qu'il s'astreignit à écrire ses sermons. On lui faisait savoir de Rome « qu'il devait imiter en cela les grands auteurs, sauf à ne pas se rendre esclave de son écriture* ». Profondément humble et docile comme un enfant, le brillant orateur se condamna à un travail de rédaction pour lequel il n'était point fait, et où il devait recueillir plus de mérites devant Dieu que de gloire devant les hommes. Nous avons à cet égard une confidence du grave Père Varin, qui déplore que le Père de Mac-Carthy « vive à Toulouse dans la maison paternelle, étranger à la Société, enfoncé dans le travail ingrat de la composition.il peut prêcher, avec une heure de préparation,magnifiquement. . . Qu'on l'oblige d'écrire un seul discours, même qu'il aura prononcé la veille, à peine s'il en viendra à bout dans cinq ou six mois et avec des peines inconcevables. Je parle de ce que j'ai vu de mes propres yeux^» .