XXVI INTRODUCTION
établi eu France pendant ce siècle de très nombreuses congrégations; on sait que ce nom seul devint sous la Restauration l'épouvantail des libéraux. Partout où ils donnaient la Mission, les Jésuites, imités d ailleurs en cela par beaucoup d'autres, avaientgrand soin de restaurer les anciennes confréries ou d'en créer de nouvelles, pour les hommes, pour les femmes, pour les jeunes filles, sous des vocables et des patronages divers : Confréries du Rosaire, du Saint-Sacrement, de Saint Louis de Gonzague, de Saint Joseph, de la Bonne Mort, etc.
C'était là assurément le meilleur mémorial de la Mission. Dans toutes les villes qui les ont accueillis, les Jésuites se sont également ingéniés à organiser des congrégations pour différentes catégories de personnes. Or, c'est un fait que la plupart se recrutent presque exclusivement dans les milieux les plus modestes, même les plus humbles. Bon nombre d'entre elles s'intitulent résolument Congrégations des ouvriers, des ouvrières, desservantes, des apprentis, des portefaix.
Telles de ces pieuses associations se sont développées bien au delà des limites ordinaires d'une ville ou d'un diocèse. Citons, par exemple r« Apostolat de la prière' ». De l'obscur scolasticat de Vais oîi il a pris naissance, il a rayonné rapidement et a fini par s'étendre au monde entier. On peut dire qu'il est aujourd'hui accepté dans l'Eglise comme une institution. L'« Association de la Sainte-Famille » groupe, elle aussi, des milliers d'adhérents disséminés un peu partout en France et à l'étranger. Elle a eu l'insigne honneur d'obtenir l'établissement d'une fête, avec l'office propre, dont le pape Léon Xlll voulut composer les hymnes.
Il n'est peut-êlre pas superflu d'ajouter que toutes ces associations ou congrégations n'ont pour but que le bien spirituel de leurs membres et pour moyens la prière, la
I. Le Pape Pie X lui a tout récemment décerné cet éloge : « Les Catholiques ont créé en grand nombre des œuvres très utiles; aucune cependant ne l'est plus que celle-là. »