‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 19 sur 358 · INTRODUCTION XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXVII

pratique des sacrements et les bonnes œuvres. Toute visée politique leur est absolument étrangère, quoi qu'en puissent penser certains sectaires attardés. S'il y avait un reproche à leur faire, ce serait bien plutôt de ne pas se préoccuper assez de quelques avantages matériels que les associés pourraient aisément retirer de leur association. Il est certain que, dans les anciennes confréries, on faisait la part plus large à l'aide mutuelle.

On a pu dire avec une apparence de bonne foi que les congrégations dirigées par les religieux en général, et par les Jésuites en particulier, tournent au préjudice des paroisses, parce qu'elles en éloignent une clientèle qui devrait leur appartenir.

C'est là un des aspects de la rivalité inévitable entre les deux clergés, séculier et régulier. On sait comment elle a été exploitée en ces dernie^^s temps par des hommes qui mènent la guerre contre la religion d'après les règles d'une stratégie savante. Ils ne voulaient d'abord qu'affranchir le clergé concordataire de l'oppression que lui faisaient subir les Ordres monastiques, défendre, comme ils disaient, l'église contre la chapelle. G'estpourquoi les premiers coups furent pour les religieux. Le terrain ainsi déblayé, il serait aisé de pousser plus avant.

Ne nous arrêtons donc pas à des griefs imaginaires. Tout ce qui va à promouvoir la vie chrétienne, à rendre plus large et plus profond le courant de la piété, des bonnes œuvres et du bon exemple, est finalement profitable à la paroisse. Les Tiers-Ordres, congrégations, confréries de toutes dénominations sont pour elle de précieux auxiliaires, alors même qu'elles ne fonctionneraient pas dans sa sphère et sous sa juridiction immédiate. Elles répondent à un besoin des âmes et de la nature elle-même, et c'est pourquoi de tout temps l'Eglise les a encouragées en les comblant de faveurs spirituelles. Le clergé séculier, là où il était assez nombreux et assez zélé, n'a pas manqué de doter les paroisses de ces institutions que l'on peut

Page 1