‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 188 sur 358 · La Bibliothèque des Pères en comptait · texte numérisé non relu

La Bibliothèque des Pères en comptait

2. a Uis duabus machinis, lande et vituperio scolam suam reget... » Le P. Jouvency ajoute : SU dedecoris parcior. Qu'il soit plutôt réservé dans l'usage de l'humiliation. Il semble bien que sur ce point il y ait divergence entre le vieux Jésuite et le Père Loriquet : « Les plus convenables (punitions) sont celles qui humilient le plus. » L'esprit des Pères de la Foi se trahit dans cette préférence.

de maintenir l'ordre indispensable dans des pensionnats qui comptaient des centaines d'enfants et de jeunes gens, on ne pouvait s'en tenir à un système qui ne fait appel qu'à la conscience et à l'iionneur. 11 y eut donc un Code pénal ; il semble même un peu cliargé ; dans le Coulumier de Saint-Acheul, il ne comprend pas moins de dixhuit articles. Le \vd.à\\.\onTïe\ pensum ne saurait être omis ; mais le Plan d'études recommande d'en faire un exercice moralisateur; c'est pourquoi il sera court, mais on exige qu'il soit fait très soigneusement, fallùt-il le recommencer deux et trois fois ; cette application oblige le délinquant à se maîtriser et à se contraindre, autrement dit à se vaincre. Les châtiments corporels ne sont point exclus; il n'y a pas lieu de s'en étonner. L'antique pédagogie, celle du Ratio de la Compagnie de Jésus elle-même en faisait un usage courant. Pendant toute la première moitié du dix-neuvième siècle un grand nombre d'écoles en France usaient encore peu ou beaucoup de la férule. On la connut donc à Saint-Acheul et dans les autres Petits- Séminaires. Toutefois on ne peut dire qu'elle y fut en honneur. « C'est une dernière ressource, dit le Père Loriquet, aussi triste que le mal auquel on veut remédier. » Le Coutumier nous apprend qu'elle n'était jamais administrée sans le consentement de l'intc'ressé. D'autre part, conformément à la prescription du Ratio^ les maîtres ne procédaient pas eux-mêmes à l'exécution ; elle était confiée à un correcteur attitré, à qui le patient devait payer un honoraire.

Un genre de punition plus original peut-être et en tout cas plus usité, c'était la Salle de discipline. Tous les soirs, sur la fin du souper, le préfet proclamait les noms de ceux qui allaient passer plus ou moins de temps, dans un local silencieux, à réfléchir sur les inconvénients de la paresse et de la dissipation. Ils ne devaient pas être nombreux, trois ou quatre tout au plus, dit le Plan d'études ; autrement la punition, sévère et efficace par elle-même, aurait eu plus d'inconvénients que d'avantages.

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