XXVIII INTRODUCTION
dire indispensables à la vie paroissiale elle-même. L'initiative des réguliers fut dans bien des cas le salutaire stimulant qui le poussa dans cette voie ; et ce n'est pas là le moindre des services que les Jésuites s'honorent d'avoir rendu, pour leur part, au clergé séculier.
Après les pieuses associations de fidèles et à un degré supérieur dans la hiérarchie, viennent les Congrégations religieuses proprement dites. A cet égard le dix-neuvième siècle a été chez nous d'une fécondité merveilleuse. En même temps qu'il voyait renaître un à un les anciens Ordres déracinés par la tempête révolutionnaire, d'innombrables Instituts d'hommes et de femmes ont surgi dans toutes nos provinces, voués sous les formes et les costumes les plus divers aux œuvres de zèle et de charité et spécialement à l'éducation de la jeunesse.
Il a été donné à la Compagnie de Jésus de contribuer à cette floraison de la vie religieuse en France. Avec l'esprit dominateur et intolérant de toute influence rivale qu'on lui prête, on n'apprendrait pas sans étonnement qu'elle s'est employée cordialement, en mainte occasion, à favoriser la renaissance des grands Ordres monastiques et des anciens Instituts. Quant aux Congrégations nouvelles, bien que l'Ordre de saint Ignace ne connaisse aucune sorte d'affiliation, il en est plusieurs et non des moins importantes, qui voient en lui la source d'où elles sont sorties, soit parce qu'elles ont eu un de ses membres pour fondateur, soit parce qu'elles lui ont emprunté leurs constitutions. D'autres en plus grand nombre ont eu re<cours à son expérience des choses spirituelles pour s'organiser, pour éclairer leurs premiers pas ou pour affermir leur marche en avant dans la voie spéciale qui leur était ouverte. La Comj)agnie de Jésus est plus disposée» on le comprend, à se féliciter devant Dieu d'avoir donné pareille collaboration que de s'en faire honneur devant le monde. Si, au cours de cette Histoire, on ne dit pas sur ce sujet la vérité tout entière, ce n'est certes pas que la