CHAPITRE VI
promettre au Père de Bussy qu'avant de me rayer, il m'écrive pour me prévenir. Oui, qu'il m'écrive aussi sévèrement qu'il voudra, mais qu'il m'écrive, et je lui promets de mon côté que j'abandonnerai tout au monde pour n'être pas effacé du nombre des enfants de Mariée »
En même temps que la religion et la piété, les principes monarchiques furent à la base de l'éducation donnée par les Jésuites dans leurs Petits-Séminaires-Gollèges. Il n'y a pas à s'en cacher, on y fut ardemment royaliste. Ce fut là un trait caractéristique de la physionomie de ces établissements, alors que l'esprit frondeur sévissait dans les collèges royaux. Assurément les Jésuites eux-mêmes étaient attachés par conviction à la royauté légitime, qui leur apparaissait comme la garantie des traditions chrétiennes de la France contre l'impiété voltairienne et l'athéisme révolutionnaire. Mais, en eût-il été autrement, ils n'auraient pu ni contenir, ni dissimuler la ferveur des sentiments monarchiques de la clientèle qui affluait chez eux. C'étaient en effet les familles les plus dévouées à la Restauration, et spécialement l'ancienne noblesse qui leur confiait ses fils.
Au surplus, on ne doit pas juger de cette époque avec nos idées d'aujourd'hui. Les mots d'empire et de république rendaient alors un son purement séditieux ; on eut grandement étonné les Jésuites en leur disant qu'ils faisaient de la politique, parce qu'ils donnaient des témoignages de loyalisme envers la monarchie et la famille royale. Pour eux c'était simplement faire acte de bons Français, ce qu'ils considéraient comme leur devoir.
On sait que nulle part la réaction royaliste ne fut plus