INTRODUCTION
Le 7 août 1814, le Pape Pie VII signait et promulguait la Bulle Sollicitudo omnium Ecclesiarum. Pour l'Ordre de saint Ignace, frappé à mort quarante ans auparavant par le Bref de Clément XIV Dominus ac Redemptoi\ c'était le rappel à la vie, ou plus exactement la dernière phase d'une résurrection déjà commencée. Comme Jésus devant le tombeau de Béthanie,lePape lui criait; Lazare^ veni foras!
Pour dire vrai, à aucun moment la Compagnie de Jésus n'avait été complètement éteinte; elle avait persisté en Russie, où le Bref de suppression ne fut jamais promulgué; Pie VI et ClémentXIV lui-même avaient reconnu et autorisé cette survivance. Puis, dès 1801, Pie VII avait rétabli officiellement la Compagnie dans l'empire des tsars, et en 1804, dans le royaume desDeux-Siciles. En outre, le Général, résidant en Russie, pouvait recevoir, à titre individuel, en tous pays, ceux qui demandaient leur admission. La Bulle Sollicitudo parachevait l'œuvre de résurrection.
Par elle, la Compagnie de Jésus, déjà vivante, mais encore comme Lazareenveloppéede bandelettes funèbres, se voyait pleinement affranchie de la mort, et reprenait sa place parmi les Ordres religieux au service de l'Église militante. Le 7 août 1814 est donc pour elle la date d'une nouvelle naissance, dont le 7 août 1914 ramène le centième anniversaire.
Ce centenaire, elle entend le célébrer comme il convient, tout d'abord par des prières et des actions de grâces. Mais il lui a semblé aussi que c'était pour elle un devoir de faire un retour sur le siècle qu'elle vient de vivre, de s'en présenter à elle-même et aux autres un tableau fidèle, non certes avec une arrière-pensée de vaine complaisance et d'ostentation, mais bien plutôt