I. Voir aux Pièces justificatives, n" VIII
d'être mentionné. Nous sommes en 1825; les Jésuites introduisant dans leurs collèges les bains et le sport de la natation paraîtront certainement en avance sur leur temps.
Dès 1815, les Annales de Saint-Acheul signalent la création de l'orchestre qui, depuis lors, eut son rôle dans toutes les solennités scolaires ou religieuses. Nous disons orchestre ; il ne semble pas en effet que ni à Saint-Acheul, ni dans les autres maisons on ait connu la fanfare. Quant au théâtre, il passa dans cette courte période de quatorze ans par des fortunes diverses. Le théâtre constitue, si l'on peut dire, un chapitre de la pédagogie des Jésuites; ils passent pour les inventeurs de ce qu'on appelle le théâtre de collège ; et à ce sujet on leur a dispensé, avec une égale libéralité, l'éloge ou le blâme. Qu'ils aient plus ou moins mérité ceci ou cela, il est certain que les anciens Jésuites ont beaucoup cultivé, à leur façon, et, croyaientils, pour l'utilité de leurs élèves, l'art dramatique.
Il sembla aux nouveaux Jésuites que ce genre de divertissement avait bien mieux encore sa raison d'être dans les pensionnats que dans les collèges d'autrefois. Au carnaval de 1815, la seconde année de Saint-Acheul, le théâtre fut inauguré avec la comédie, classique en son genre, du Père du Cerceau : Les mconimodités de la grandeur. Bientôt on en vint à donner trois représentations dans l'année. Reprenant la tradition de leurs devanciers, les professeurs de Rhétorique composèrent eux-mêmes les pièces qu'ils faisaient jouer par leurs élèves ' . En 1823,
I. « Joie des Béarnais au baptême d'Henri IV. (Allusion au baptême du duc de Bordeaux, mai iSai.) Pièce composée par le R. Père Léonard Loumeau, professeur de Rhétorique à Saint-Acheul-lès-Amiens et jouée dans ce Petit-Séminaire en mai i8ji, en présence de Mgr de Bombelles, évêque d'Amiens. » En vers libres. (iVrchiv. Paris. 653o.)
Le Père Léonard Loumeau (-|- 1829) composa encore Constantin, ou le Triomphe de la Religion, i8a3; Saint Eustache, tragédie; ^g'ajo/f, traduction en vers français de VAgapitus du Père Porée.
Sous l'ancien régime, il était presque de règle, dans les collèges des Jésuites que le professeur de Rhétorique fît représenter à la Distribution des Prix une tragédie latine de sa composition. Le sujet en était pris