XXX INTRODUCTION
de cent dix à cent vingt Jésuites français du dix-neuvième siècle, morts avant 1900. Il faudrait presque doubler ce chiffre pour avoir le nombre total des auteurs de publications en n'importe quel genre.
Sans doute dans cette production, il y a ce qu'on appelle des non-valeurs; on pourrait accorder qu'il y en a trop. Mais les œuvres qui comptent et qui demeurent ne manquent pas non plus. Telle la Théologie morale du Père Gury, avec ses innombrables éditions, et de laquelle procède, on peut bien le dire, toute une littérature ; telles encore la double série des conférences des PP. de Ravignan et Félix, les méditations sacerdotales du Père Ghaignon, etc., etc.
Bien d'autres genres ont été abordés, sans en excepter les hautes Sciences, les Arts, l'Archéologie. La Monographie des vitraux de Bourges, par les PP. Charles Cahier et Arthur Martin, est une œuvre qui fait honneur à l'époque qui l'a produite. En bibliographie même, un département peu fréquenté, cette Bibliothèque de la Compagnie de Jésus déjà nommée, dans la forme que lui a donnée le Père Sommervogel par le travail de toute une vie, a pris rang parmi les meilleurs ouvrages de cette espèce. C'est encore le savant conservateur delà Bibliothèque nationale qui l'affirme '.
Cependant, il faut l'avouer, les Jésuites français pendant la plus grande partie du dix-neuvième siècle, ont été dans leur ensemble trop dévorés par les œuvres extérieures de l'apostolat, et surtout par celle de l'éducation, pour pouvoir donner beaucoup de temps à la composition et
I. « La Bibliothèque de la Compagnie de Jésus restera définitivement classée parmi les meilleurs recueils l)ibliograpbiques de la seconde moitié du xix" siècle. » (Léopold Delisle, op. cit., i8ç)5, p. 109.) Pour rendre à chacun ce qui lui appartient, je rappelle que l'œuvre du Père Sommervogel, Jésuite français, est la refonte de l'œuvre des PP. de Backer, Jésuites belges, lesquels publièrent les deux premières éditions de la Bibliothèque : mais, dit M. Léopold Delisle, la troisième « dépassant toute espérance, fera oublier la deuxième, comme celle-ci avait effacé la première ».