‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 223 sur 358 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

duels entre nos élèves, où quelques-uns ont été tués et un grand nombre blessés; révolte générale terminée par un combat sanglant entre eux et nous; enfin dix-sept élèves ensevelis sous la glace. Ce dernier conte surtout a couru toute la France, quoiqu'il n'eût pas plus de fondement que les autres ; bien des parents ont pris l'alarme, et il a fallu que les bons journaux prissent la peine de les rassurer sur cette terrible noyade ^ »

D'autres avaient imaginé de représenter les collèges des Jésuites comme des bagnes où les élèves étaient soumis à toute sorte de traitements barbares. Déranger insinuait la chose dans le refrain d'une chanson fameuse; il avait du moins le bon goût de la tourner en plaisanterie. L'auteur de Un coup d'œil dans V intérieur de Saint-Acheul la prend au tragique; il débute par un tableau de mélodrame : « Approchons, ouvrons ces portes de fer armées de verrous qui défendent l'entrée de ce triste séjour. Quels sont ces cris qui frappent nos oreilles? Est-ce quelque animal furieux qui déchire une victime humaine et s'abreuve de son sang? Non, mais c'est un homme qui, mille fois plus cruel que les tigres et les léopards, unissant sa rage à celle du froid, déchire les mains à un malheureux âgé de six ans dont la fureur des aquilons a déjà ensanglanté les membres. Voyez-vous son air farouche^? etc. »

Le Constitutionnel, selon son usage, racontait des faits à l'appui; telle, par exemple, l'histoire d'un infortuné jeune homme que les Jésuites du collège de Brigue en Valais avaient jeté dans un cachot, qui s'échappa, erra pendant un mois entier et fut enfin rencontré couvert de haillons

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