I. Loriquet à Fortis, 27 janvier
a. Coup d'à' il dans l'intérieur de Saint-Acheul ou De l'Éducation que donnent les Jésuites modernes à la jeunesse française, par M. Hyacinthe. Paris, 1826. L'auteur de ce misérable pamphlet était un jeune étudiant en Droit, ancien élève de Saint-Acheul. Peu de temps après, atteint d'une maladie de consomption, il rentrait dans sa famille à Amiens. Sur le point de mourir, il exprima le regret d'avoir insulté ses maîtres et envoya un de ses parents leur faire amende honorable. (^L'Ami de la Religion, tome L, p. 241.)
et dans le plus affreux dénuement. Contre son habitude, le journal bien renseigné eut la maladresse de nommer la victime des Jésuites. G'étaitle fils de M. Gourvoisier, procureur-général à Lyon, plus tard ministre de la Justice. M. Gourvoisier écrivit au Constitutionnel pour démentir cette falîle : « Votre correspondant de Genève, disait-il, mérite bien peu de confiance ; il s'est joué de votre crédulité; il n'y a point de cachot à Brigue et les Jésuites se donnent avec beaucoup de bonté et beaucoup de soins à l'éducation des élèves qu'on leur confie'. »
La presse périodique n'était pas seule à vilipender les Jésuites; cette époque voyait éclore toute une littérature vouée à la même pauvre besogne. Ges livres sont de tous formats et appartiennent à tous les genres, en prose ou en vers. Quelques-uns, bien rares, ont encore de la tenue et peuvent être pris au sérieux; l'immense majorité est parfaitement niaise et ridicule. Les titres de ces œuvres, pour les seules années 1824 à 1828, occupent une série interminable de colonnes dans le Gatalogue de l'Histoire de France à la Bibliothèque Nationale. Dans un livre paru en 1827 Bellemare écrivait : « Si les reproches dont il s'agit ne se trouvaient reproduits dans plus de cent cinquante volumes petits et gros, publiés depuis un an contre les Jésuites..., on aurait sans doute un peu de peine à croire que nous parlons ici sérieusement '. »
Malheureusement ce flot de publications n'a pas enrichi le trésor des Lettres françaises. Gelles qui ne sont pas simplement ineptes ne se recommandent ni par les qualités littéraires, ni par l'originalité des aperçus, moins encore par ce que l'on exige avec raison de nos jours,
1. Cf. Le Constitutionnel^ 22 et 28 janvier 1826; et au 3 février, la réponse du procureur-général de Lyon.
2. Trois Procès dans un, par A. Bellemare, p. 76. Paris, 1827.