I. Les Jésuites modernes^ pp. 83 sqq. i8a
sept Bêtes de Montrouge, Manuscrit trouvé dans le novi' ciat des Jésuites de Paris et com meute par M. Marcet etc.; Dénonciation au Roi.
Une fois en veine de révélations le malheureux ne sut plus se retenir; ses derniers libelles laissent paraître des symptômes non équivoques de la folie erotique. On nous dispensera de citera
Les passages qu'on vient de lire donnent, croyons-nous,, une idée assez exacte des pamphlets antijésuitiques de l'époque. Tel est le ton, et aussi, neuf fois sur dix, le fond de cette littérature. C'est avec des histoires de ce genre que l'on ameuta une génération de Français contre « ces infâmes Jésuites ». Montrouge était devenu l'épou vantail delà France; c'était une forteresse, où trois mille Jésuites tenaient garnison; leur Général y résidait et de là gouvernait le pays et le monde. On y exerçait les troupes, on y faisait le tir au canon; des souterrains reliaient la citadelle avec les Tuileries. Charles X était aflilié à l'Ordre; il disait la messe. On écrivait ces choses; on se les racontait ; on y croyait. Lorsque la diligence d'Orléans passait en vue de Montrouge, le conducteur disait aux voyageurs en montrant le clocher du village : C'est là ! On vendait des boîtes de dragées et des tabatières ornées sur le couvercle d'une vue de la citadelle de Montrouge ; on la retrouvait dans les papillotes du jour de l'an; la célébrité de Montrouge était devenue mondiale ; des étrangers de passage à Paris s'y faisaient conduire. Le Père Gury, dans le» Mémoires, raconte à ce propos d'assez plaisantes aventares, comme celle de ce seigneur russe, qui était venu voir et qui, furieux d'avoir été mystifié, criait en s'en allant : « Coquins de journaux! Coquins de journaux! » Il a également pris la peine d'y consigner des lettres qui lui arrivaient des quatre parties du monde ; d'ordinaire on fait appel à sa toute-puissance pour obtenir les faveurs les plus invraisemblables ; d'autres fois ce sont seulement
I. Sur ce triste personnage voir aux Pièces justificatives, n° IX.