‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 230 sur 358 · I. Histoire de dix ans, tome I", p · texte numérisé non relu

I. Histoire de dix ans, tome I", p

proposa de visiter le célèbre établissement. Il pourrait ensuite en parler de visa. Après quelques hésitations, M. Dupin se laissa conduire. Le Père Loriquet fit à s«s visiteurs les honneurs de la maison avec une parfaite bonne grâce. M. Dupin fut si charmé de tout ce qu'il avait vu qu'au retour il remercia chaudement son ami : « Si j'avais un fils, lui dit-il, il serait à Saint-Acheiil. » Le lendemain le Père Loriquet et le Père Barrelle, préfet des études, se retrouvaient à la table du curé de Saint-Pierre d'Amiens, avec le célèbre avocat. Ils lui donnèrent des explications sur la discipline et les méthodes pédagogiques employées à Saint-Acheul, à quoi M. Dupin témoigna prendre beaucoup d'intérêt. Ce que voyant, le Père Loriquet le pria d'honorer le collège d'une nouvelle visite ardemment désirée des élèves, des rhétoriciens surtout, avides de voir un orateur que sa renommée avait précédé à Saint-Acheul. M. Dupin se rendit à l'invitation. Cette fois les élèves se mirent en frais ; il y eut musique et séance littéraire, les académiciens surent glisser dans leurs harangues quelques compliments délicats à l'adresse de leur hôte. M. Dupin prit à son tour la parole et ce fut pour faire l'éloge le plus complet de Saint-Acheul et de l'éducation qu'on y donnait. Il termina par une allusion classique : « Oui, comme une autre Cornélie, cette maison pourra se glorifier de ses enfants; elle pourra les montrer avec une égale confiance, à ses amis et à ses ennemis. Pour moi, Messieurs, je vous remercie sincèrement de la douce satisfaction que vous m'avez procurée. » En disant ces mots, raconte l'annaliste, il avait les larmes aux yeux.

A son retour à Paris, M. Dupin eut à essuyer, comme il fallait s'y attendre, des bordées d'épigrammes. Dans un repas qu'il donna à ses amis, la visite à Saint-Acheul fournit un thème inépuisable aux plaisanteries des convives. M. Dupin laissa couler le flot, puis, avec le charme de parole dont il avait le secret, il fit le récit de ce qu'il avait vu et entendu. « J'ai partagé vos préventions, dit-il en finissant; j'ai raillé, j'ai sifflé comme vous ce que je ne

Page 1