‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 244 sur 358 · CHAPITRE YIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YIII

de tous les vrais amis du Trône, de la Charte et de la Religion ».

Le pamphlet, ainsi porté aux nues par les oracles de la presse libérale, eut un écoulement considérable ; en quelques mois il arriva à la septième édition, ce qui pour l'époque représentait un succès peut-être sans précédent. Il y eut même une huitième édition « à cinq sols », à l'usage du peuple.

Le Mémoire à consulter débute par une déclaration sensationnelle : « Un vaste système, tranchons le mot, une vaste conspiration contre la Religion, contre le Roi, contre la Société s'est élevée. Je l'ai aperçue à son origine, je l'ai suivie dans ses progrès, je la vois au moment de nous couvrir de ruines. Cette situation m'élant connue, selon ma conscience je dois la combattre, selon nos lois je dois la révéler. » Montlosier proteste ensuite qu'il est « catholique et royaliste » ; son « opposition, loin d'être antireligieuse, est, au contraire, toute favorable à la religion ». Si les libres-penseurs l'approuvent, il en sera affligé et il « n'accepte pas leur approbation ». Il s'attend à des « contradictions », à des « blessures » ; mais « il y a quelque douceur à remplir ses devoirs » ; enfin si l'on croit à la pureté de ses intentions, il en sera reconnaissant, et il remerciera aussi « Celui qui s'est réservé la gloire dans le ciel, mais qui a promis la paix sur la terre aux âmes de bonne volonté ».

Le « système » ou la « conspiration » que cet homme pacifique et pieux va révéler à la France comprend quatre « faits », qui sont exposés dans les quatre chapitres de la Première Partie : la Congrégation, les Jésuites, VUltramontanisme, l'esprit d'envahissement chez les Prêtres. C'est le « système », autrement ditl'assemblage de ces « quatre fléaux », ou de ces quatre « calamités », comme Montlosier les appellera dans la suite, qui « tend à renverser la Religion, la Société et le Trône ». C'est ce qu'il s'efforce d'établir dans la Seconde Partie, où il étudie successivement les « dangers résultant de la Congrégation, des

Jésuites, etc. ». La Troisième Partie, « Plan de défense du système et sa réfutation », n'est guère, sous une forme un peu différente, qu'une répétition delà seconde. Dans la Quatrième et dernière Partie, Montlosier partant de cette affirmation que les « quatre fléaux » sont autant de « délits », recherche les « moyens qui existent dans nos lois anciennes et dans nos lois modernes pour combattre le système et le réprimer ».

Les Jésuites ne viennent qu'au second rang dans l'ordonnance de cette fantasmagorie; ils paraissent occuper un quart seulement de la scène. Mais, en réalité, c'est sur eux que se concentre l'attention de Montlosier. Qu'il traite de la Congrégation ou de V Ultranwntanisme, c'est toujours le Jésuite qui hante sa pensée. Il voit le Jésuite partout. Saint-Sulpice, par exemple, « est, comme on sait, une création et une affiliation des Jésuites* ». « Au moyen d'une association, dite de Saint-Joseph, tous les ouvriers sont aujourd'hui enrégimentés et disciplinés. Il y a dans chaque quartier une espèce de centenier qui est un bourgeois considéré dans l'arrondissement. Le général en chef est l'abbé Lowen..., jésuite secret'... » Aussi, d'après Montlosier, « la France entière est imbue de l'opinion qu'elle est gouvernée aujourd'hui, non par

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