‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 246 sur 358 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

son Roi et ses hommes d'État, mais comme l'Angleterre des Stuarts, par des Jésuites et par des Congrégations^ ».

De fait, tout cet assemblage vaporeux d'anecdotes, de calomnies et de littérature, dont se compose le Mémoire^ finit par se condenser sur les Jésuites, et c'est contre eux seuls que se porta tout l'effort de la campagne dont cette publication avait donné le signal.

Or, dans les deux chapitres qu'il consacre expressément aux Jésuites, Montlosier ne paraît savoir qu'une chose : Toute leur histoire, comme tout leur Institut, tient en un point, enseigner le régicide, tuer, ou faire tuer les rois. On dira bien peut-être que ceux d'aujourd'hui ne ressemblent pas à ceux d'autrefois ; ils sont inoft'ensifs. Oui, mais c'est « qu'ils débutent... Les louveteaux tout jeunes vous caressent, vous lèchent. Laissez-les grandir, rois de l'Europe; l'institution des Jésuites vous lèche aujourd'hui, vous caresse; elle est dans l'innocence de l'âge. Laissez-la arriver à la puberté... » Les Jésuites d'aujourd'hui sont soumis à la même discipline que leurs anciens. Le Bref de Pie VII ne laisse à cet égard aucun doute : ... « Ils conformeront leur manière de vivre à la règle prescrite par saint Ignace de Loyola, approuvée et confirmée par Paul III. » C'est positif. « Quand on sait qu'en se conformant à cette règle, les Jésuites..., après avoir fait assassiner Henri III, se faisaient non seulement

Jésus; l'œuvre était placée sous le patronage du duc de Bordeaux. Une somme de 26.000 francs avaitété dépensée pour l'aménagement du local. A quelque temps de là, le charitable abbé Lowenbruck, ainsi dénoncé aux passions populaires, fut assailli par une bande de forcenés qui tentèrent de l'éti-angler avec sa propre ceinture. {Nouvelle Lettre à M. le Comte de Montlosier. Thibault-Landriot, Clermont-Ferrand, 1826.)

Encore une petite citation du Mémoire à consulter : « Les forces de la Congrégation sont immenses; elle se compose d'abord du parti jésuitique dont le centre est à Rome, à l'École de Sapience... » On donne à Rome le nom de Sapience à l'École de théologie où enseignent exclusivement les Dominicains. En faire le centre du parti des Jésuites, c'est... très fort, pour ceux qui savent. Et pour ceux-là il n'en faut pas davantage pour prouver que M. de Montlosier connaissait bien mal les choses dont il parlait.

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